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Appel à la vigilance jusqu'à l'arrestation du suspect

La police a levé jeudi soir l'interdiction de sortir de chez soi, tout en appelant la population à rester prudente. Pour les autorités américaines, le dangereux suspect serait toujours dans l'Etat du Massachusetts.

Djokhar Tsarnaev, l'adolescent accusé du double attentat du marathon de Boston en avril dernier, a plaidé non coupable.
Djokhar Tsarnaev, l'adolescent accusé du double attentat du marathon de Boston en avril dernier, a plaidé non coupable.
Keystone
Maison de Warren et Judith Russell, où vit leur fille Katherine Tsarnaeva, la veuve de Tamerlan Tsarnaev. La jeune femme est sortie de son silence mardi et «choquée» va collaborer avec la police.
Maison de Warren et Judith Russell, où vit leur fille Katherine Tsarnaeva, la veuve de Tamerlan Tsarnaev. La jeune femme est sortie de son silence mardi et «choquée» va collaborer avec la police.
Reuters
Keystone
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La population de Boston et sa banlieue - environ un million de personnes - , a passé la journée enfermée chez elle, sur ordre des autorités jusqu'à minuit jeudi soir. Lors d'une conférence de presse, la police a levé la levée de l'interdiction de sortir de chez soi, en vigueur depuis le matin à Boston et dans plusieurs banlieues avoisinantes.

Jeudi, tous les transports en commun étaient arrêtés, magasins et écoles fermés, tout survol d'avion interdit. Les trains ne circulaient pas entre New York et Boston.

Des centaines de policiers casqués, en tenue de combat, certains postés sur les toits, ont vérifié, maison après maison les rues de Watertown, dans la banlieue ouest de Boston, où s'était déroulée dans la nuit la traque des deux frères, dans une spectaculaire accélération de l'enquête.

Ces derniers ont été identifiés comme Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, pour celui tué dans la nuit, et Djokhar Tsarnaev, 19 ans pour le plus jeune toujours recherché.

Appel de l'oncle

D'origine tchétchène, les frères avaient immigré en 2003 aux Etats-Unis, a déclaré vendredi un oncle, Ruslan Tsarni, se disant «honteux» à l'idée qu'ils puissent avoir été impliqués dans les attentats qui ont fait trois morts et près de 180 blessés lundi à Boston.

Et il a lancé un appel à son plus jeune neveu, lui demandant de se «rendre et demander pardon», s'il était encore vivant.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est refusé à «spéculer» sur le lien que pourrait avoir l'attentat avec les origines tchétchènes des deux suspects, qui vivaient enfants au Kirghizstan.

Le président de Tchétchénie, république du Caucase russe majoritairement musulmane, a lui souligné que les suspects n'avaient «pas vécu en Tchétchénie». «Ils ont vécu et étudié aux Etats-Unis (...) Ils ont forgé leurs opinions et convictions là-bas.

Il faut trouver les racines du mal en Amérique», a-t-il ajouté, cité par l'agence publique de presse Ria Novosti.

Les deux frères vivaient depuis des années à Cambridge, en banlieue de Boston.Un homme se présentant comme leur père les a décrits comme «des musulmans fervents», depuis la capitale du Daguestan, Makhatchkala.

L'aîné, ex-étudiant ingénieur devenu boxeur, avait une page Youtube à son nom, créée en août 2012, où il avait marqué plusieurs vidéos comme favorites dans les catégories «islam» et «terrorisme».

Le plus jeune, qui faisait de la lutte, était inscrit dans une université de la région. L'aîné était l'homme que des images publiées jeudi par le FBI montraient sur le lieu des attentats lundi dernier, avec une casquette noire et un sac à dos noir. Le plus jeune figurait sur les mêmes images, portant une casquette claire visière à l'arrière, et un sac à dos sur l'épaule.

Très dangereux

La police de Boston a publié vendredi une nouvelle photo de Djokhar, montrant un adolescent aux yeux bruns et à la chevelure indisciplinée.

Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir déposé les deux bombes artisanales qui ont explosé près de la ligne d'arrivée du marathon lundi en plein centre de Boston.

L'attentat non revendiqué a traumatisé la ville et ravivé aux Etats-Unis le souvenir du 11-Septembre.

Le chef de la police de Boston Ed Davis a souligné que Djokhar Tsarnaev était considéré comme très dangereux. «Nous pensons que c'est un terroriste. Nous pensons que c'est un homme qui est venu ici pour tuer des gens» a-t-il déclaré, après la traque des deux frères durant la nuit, marquée par des échanges de coups de feu nourris et la mort d'un policier de 26 ans, tué par les deux hommes dans sa voiture.

De nouvelles pistes

La police continuait vendredi à s'interroger sur la possibilité qu'ils n'aient pas agi seuls. La question du motif reste entière.

«La situation évolue rapidement», a déclaré vendredi le gouverneur Deval Patrick vendredi. Le chef de la police du Massachusetts Tim Alba a fait état de «plusieurs nouvelles pistes», sans élucider.

La traque des deux frères avait commencé dans la nuit à Cambridge, sur le campus du Massachusetts Institute of Technology (MIT) à l'ouest de Boston.

La police, alertée après des coups de feu découvre un policier tué par balles dans sa voiture à 22h30, et la police apprend ensuite que les deux fuyards ont détourné une voiture en menaçant d'une arme son conducteur. Celui ci sera libéré sain et sauf 30 minutes plus tard.

Les deux frères lui auraient confié être les auteurs des attentats.

La chasse à l'homme commence, alors qu'ils roulent à pleine vitesse en direction de Watertown, située encore plus à l'ouest de Boston.

Grande fête populaire endeuillée

S'ensuivent des échanges de coups de feu nourri, durant lesquels un policier est grièvement blessé. C'est durant cette poursuite que l'aîné, sorti de la voiture, est mortellement blessé. Il est déclaré mort à l'hôpital à 1h25 (7h25 suisses) tandis que son frère prend la fuite en voiture.

Cette accélération spectaculaire dans l'enquête est intervenue moins de 12 heures après que le FBI eut diffusé des images des deux hommes et lancé un appel au public, pour qu'il l'aide à les identifier.

Les deux bombes ayant endeuillé le célèbre marathon avaient explosé à 100 mètres de distance, et 12 secondes d'intervalle, près de la ligne d'arrivée, alors que des dizaines de milliers de personnes étaient massées au centre de Boston pour ce qui est chaque année une grande fête populaire.

Elles avaient été assemblées dans des cocottes-minute remplies de clous et de billes d'acier pour en maximiser les dégâts.

Obama mis régulièrement au courant

Le président Barack Obama est régulièrement mis au courant des développements à Boston et a exprimé la solidarité des Etats-Unis aux responsables locaux, alors que la Maison-Blanche faisait profil bas vendredi dans l'attente des résultats de la chasse à l'homme.

Barack Obama, qui a réuni vendredi son équipe de sécurité nationale étendue, dont les chefs du FBI et de la CIA, dans la «Situation room», la salle de gestion des crises de la résidence exécutive, a retrouvé sa conseillère pour l'antiterrorisme Lisa Monaco dans le Bureau ovale en milieu d'après-midi pour une mise à jour, a expliqué un responsable de la présidence sous couvert d'anonymat.

(AFP)

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