Les caboclos, grands oubliés de l’éden amazonien

Par monde et par VaudÀ Novo Airão, sur la rive droite du rio Negro brésilien, la population survit dans des conditions souvent précaires, faute de formation et d’emplois fixes.

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Caboclos, terme issu de la lingua geral, la langue des Amérindiens tupis du bassin amazonien, désigne les métis entre les Amérindiens et les Blancs, tout particulièrement ceux venus lors de l’épopée brésilienne du caoutchouc, durant la seconde moitié du XIXe siècle. Les caboclos ont longtemps subsisté de la pêche, de la chasse et de la cueillette.

De nos jours, la plupart des habitants des rives de l’Amazone et de ses affluents sont des caboclos. Ils peuvent vivre dans les villes comme dans de petites communautés le long du fleuve, voire en ayant un pied en ville et un dans leur village au bord de l’eau.


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À Novo Airão, petite ville sur le rio Negro, au nord-ouest de Manaus, la capitale de l’État brésilien d’Amazonas, la population a longtemps vécu des chantiers navals construisant les bateaux à étages circulant sur le fleuve géant aux eaux noires. Mais cette activité a périclité dans les années 1990 et seule une scierie est encore plus ou moins en activité.

Presque aussi grande que la Suisse

En outre, dans les années 1980, le Brésil a décidé de créer un maximum de parcs nationaux, afin de protéger la forêt amazonienne, sa faune et sa flore. Or 85% du territoire de la ville de Novo Airão – 37'770 km2, la superficie de la Suisse – sont constitués de ces «unités de conservation». Et la loi interdit d’y habiter, de même que d’y pêcher ou d’y chasser, hormis pour sa propre subsistance. Elle interdit donc de fait aux caboclos de gagner un peu d’argent avec ces activités.

Conséquence tragique, cette population s’est trouvée sans source de revenus. Sans emplois de substitution, la protection de l’environnement a donc induit une pauvreté généralisée et un afflux vers les villes, dans l’espoir d’y trouver un travail. La nécessité de survivre, l’endettement et l’augmentation du coût de la vie ont ouvert la porte à tous les braconnages et trafics – bois précieux, animaux sauvages protégés, drogue, prostitution infantile.

Dans le jardin d’Éden amazonien, le lot quotidien des familles est fait de luttes. Les petits boulots sont légion, les petits commerces ferment aussi vite qu’ils ont ouvert – alors que la société de consommation s’est invitée à vitesse grand V avec l’arrivée d’Internet et de la route goudronnée Manaus – Novo Airão.

Le terme «caboclos», issu de la langue des Amérindiens tupis du bassin amazonien, désigne les métis entre les Amérindiens et les Blancs

La présence, à proximité de la ville, des merveilles naturelles des îles fluviales du Parc national des Anavilhanas assure bien quelques emplois dans le tourisme, toutefois encore très insuffisants dans une région où la formation des jeunes est quasi inexistante.

C’est à cette population de caboclos que le Vaudois Jean-Daniel Vallotton (lire son portrait ici) a décidé de se consacrer. Tout d’abord à travers un atelier d’artisanat, puis à travers des programmes d’éducation à l’environnement à l’intention des enfants, enfin en proposant une orientation professionnelle aux adolescents. (24 heures)

Créé: 21.07.2018, 09h43

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