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A Chicago, le come-back prudent de Barack Obama

Tandis que son parti s’échine à attaquer Donald Trump, l’ancien président, incite les jeunes à s’engager en politique.

Barack Obama.
Barack Obama.
Keystone

Barack Obama était bien entouré, lundi à Chicago, pour effectuer un retour prudent à la vie publique, trois mois après avoir quitté la Maison-Blanche. L’ancien président, âgé de 55 ans, a animé une conversation avec six jeunes militants communautaires. Détendu, sans cravate, il s’est évertué à ne pas s’aventurer sur le terrain miné de la critique de son successeur, Donald Trump, et a préféré une plaisanterie riche en sous-entendus: «Que s’est-il passé depuis que je suis parti?» a-t-il glissé en souriant en ouverture de son allocution à l’Université de Chicago.

Nouvelle génération

Barack Obama a préféré insister sur un point qu’il avait déjà longuement évoqué lors de son discours d’adieu le 10 janvier à Chicago. «La chose la plus importante que je puisse faire est d’aider à préparer la nouvelle génération de leaders à reprendre le témoin pour essayer à leur tour de changer le monde», a-t-il glissé lundi.

Le 10 janvier dernier, Barack Obama avait évoqué la «menace» qui plane sur la démocratie à chaque fois que les citoyens estiment qu’elle va de soi. «Chacun d’entre nous, quel que soit son parti, devrait s’engager pour reconstruire nos institutions démocratiques», avait-il appelé.

Depuis qu’il a quitté la Maison-Blanche le 20 janvier, Barack Obama a adopté la même ligne de conduite que celle que George W. Bush avait adoptée à son égard et il s’abstient de critiquer son successeur. «Barack Obama n’a pas été totalement absent de la vie politique», nuance Matt Dallek, un professeur associé de science politique à l’Université George Washington. «Il a réagi dans un communiqué lorsque Donald Trump l’a accusé de l’avoir placé sur écoute et lorsque celui-ci a signé le décret anti-immigration (ndlr: bloqué par les tribunaux américains)».

Pour l’expert, Barack Obama veut non seulement «inciter les jeunes à s’engager en politique», mais aussi «reconstruire les fondations progressistes du parti démocrate». Ce retour à la vie publique se produit au moment où la direction du parti démocrate est en tournée à travers les Etats-Unis avec le sénateur Bernie Sanders pour tenter de reconquérir les électeurs progressistes.

Les divisions entre l’aile centriste du parti proche de Barack Obama et l’aile populiste de Bernie Sanders persistent néanmoins. La semaine dernière, le sénateur du Vermont avait fait campagne pour Heath Mello, un candidat démocrate à la mairie d’Omaha dans le Nebraska, malgré le fait que ce dernier soit opposé à l’avortement.

Cette démarche de Bernie Sanders a été vivement critiquée par des mouvements de femmes. «Les démocrates sont divisés sur les questions de société», poursuit Matt Dallek. «C’est lié à la frustration provoquée par les défaites électorales. Mais il est difficile d’estimer le rôle que peut jouer Barack Obama. Historiquement, les Américains ne sont pas favorables à ce qu’un ancien président continue à dicter la marche de son parti ni critique son successeur à la Maison-Blanche».

Toujours populaire

La marge de manœuvre de Barack Obama pour tenter d’empêcher Donald Trump de défaire son héritage reste limitée car l’ancien président avait dû recourir à de nombreux décrets pour contourner un Congrès hostile. Ces décrets sont aujourd’hui annulés les uns après les autres par Donald Trump. L’actuel président a en revanche été incapable jusqu’ici de faire abroger la loi sur l’assurance-maladie chère à Barack Obama, votée en 2010 par le Congrès.

Le 44e président reste un politicien populaire aux Etats-Unis contrairement à son successeur qui se rapproche de la barre symbolique des 100 premiers jours de sa présidence samedi avec le soutien d’à peine un tiers des Américains.

«Barack Obama va lever des fonds pour les candidats démocrates au Congrès l’année prochaine et va probablement faire campagne pour eux», relève Matt Dallek. Dans l’immédiat, l’ancien président se rendra le 7 mai à Boston pour y accepter un prix octroyé par la Fondation de la Bibliothèque John Fitzgerald Kennedy. Fin mai, il se rendra en Italie et en Allemagne où il rencontrera notamment Angela Merkel, la chancelière allemande.

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