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Comment Donald Trump a encore endommagé sa crédibilité

En accusant Obama de l’avoir fait mettre sur écoute, Donald Trump a reçu en retour un effet boomerang dévastateur.

Reuters

Donald Trump a signé lundi un nouveau décret anti-immigration visant les ressortissants de six pays à majorité musulmane – Syrie, Iran, Yémen, Somalie, Soudan et Libye – mais en exemptant cette fois les Irakiens qui étaient inclus dans le précédent décret bloqué par les tribunaux américains. La démarche du président des Etats-Unis qui suspend l’admission des réfugiés et gèle l’approbation de nouveau visas pendant 120 jours pour les citoyens de ces six pays, a permis à la Maison-Blanche de changer de sujet après un nouveau week-end marqué par la controverse. Mais la signature du décret n’a pas fait oublier les accusations explosives du président des Etats-Unis samedi sur Twitter, selon lesquelles son prédécesseur Barack Obama l’aurait fait mettre sur écoute pendant la campagne électorale.

Donald Trump a peut-être fait la provocation de trop, selon Bruce Miroff, un professeur de sciences politiques à l’Albany State University. «Cette controverse est potentiellement très problématique pour l’avenir de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis», explique l’expert. «Ce n’est pas la première fois qu’il fait ce genre d’accusations sans fondements et sans preuves. Mais cette fois, c’est plus grave, car il s’en prend à son prédécesseur qui est très populaire et qui avait des exigences très élevées en matière d’éthique.»

«Qui peut le croire?»

Bruce Miroff estime aussi que Donald Trump a une nouvelle fois sérieusement endommagé sa crédibilité aux yeux des Américains. «Il se retrouve dans la peau d’un président que ses concitoyens ne peuvent pas croire», poursuit l’expert. «Ses décisions en période de crise seront considérées avec beaucoup plus de scepticisme que celles de ses prédécesseurs.»

Les accusations de Donald Trump vis-à-vis de Barack Obama semblent avoir émané d’une théorie du complot relayée la semaine dernière par certains médias d’ultradroite. En les lançant, le président des Etats-Unis semble avoir voulu détourner l’attention de la décision de Jeff Sessions de se récuser de l’enquête portant sur l’ingérence de Moscou dans la campagne électorale américaine.

Réactions en chaîne

Le président des Etats-Unis a néanmoins déclenché une chaîne de réactions potentiellement dommageables pour lui. «De telles accusations ne peuvent pas rester sans réponses et poussent des gens comme James Comey, le patron du FBI, mais aussi le Congrès à se prononcer», explique Matt Dallek, un professeur associé à la George Washington University. James Comey a d’ailleurs communiqué son désaccord avec Donald Trump sur cette question et demandé dimanche au Département de la justice (DOJ) de réfuter publiquement les accusations du président. Le DOJ n’a pas obtempéré.

Le président a une nouvelle fois mis à l’épreuve son alliance fragile avec la majorité républicaine au Congrès et a compliqué la tâche des élus conservateurs qui refusent la nomination d’un procureur indépendant pour mener l’enquête sur l’ingérence russe. «Le problème pour Donald Trump est que la signature du nouveau décret sur l’immigration va faire les gros titres des médias pendant quelques jours, alors que l’affaire avec la Russie va probablement durer des mois voire des années», conclut Matt Dallek. «En accusant son prédécesseur de l’avoir mis sur écoute, Donald Trump a probablement prolongé de manière absurde la durée de vie de cette affaire.»

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