Donald Trump, un intouchable parmi ses fidèles

États-UnisLe président des Etats-Unis, apparemment protégé de la destitution par une majorité républicaine disciplinée et porté par ses fidèles supporters, aborde la campagne électorale gonflé à bloc. Reportage.

meeting de Donald Trump à Wildwood, New Jersey, le 28 janvier 2020.

meeting de Donald Trump à Wildwood, New Jersey, le 28 janvier 2020. Image: GETTY IMAGES

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Ils sont arrivés armés de leurs drapeaux et de leurs maillots rouges. Les casquettes flanquées du slogan “Make America Great Again” (Rendre à l’Amérique sa splendeur), l’attribut iconique de la campagne électorale de Donald Trump, ont été remplacées par les bonnets pour affronter le vent glacial qui souffle sur Wildwood. En ce mardi soir de fin janvier, des milliers de supporters du président des États-Unis ont conquis la station balnéaire à l’extrémité sud du New Jersey, désertée depuis plusieurs mois par les touristes.

A l’intérieur de l’un des rares bars ouverts à Wildwood, la scène rappelle un avant-match de football américain. Des hommes, quasiment tous blancs, boivent des bières en scandant épisodiquement «USA! USA!». À l’extérieur, les rares Afro-Américains présents à Wildwood en ce mardi vendent des t-shirts à la criée pour 20 dollars sur lesquels on peut notamment lire «Jesus est mon sauveur, Trump est mon président». Ils proposent aussi des drapeaux sur lesquels Donald Trump est représenté comme Rambo, à torse nu et avec un fusil d’assaut à la main. À l’approche du centre de convention où doit parler Donald Trump, des supporters du président ont placardé sur la porte d’un pub irlandais fermé pour la saison une bannière qui proclame «Trump 2020, fini les conneries».

Le procès pour la destitution de Donald Trump divise les Sénateurs depuis des jours à Washington. Mais en ce mardi soir il n’existe pas à Wildwood, éphémère capitale d’une Amérique parallèle qui ne s’intéresse pas à la crise menaçant les institutions gouvernementales. Cette Amérique vêtue de rouge, s’est réunie pour célébrer son leader. C’est d’ailleurs cette adoration qu’est venu chercher un Donald Trump qui peut compter sur la fidélité à toute épreuve d’élus républicains déterminés à le protéger et à expédier le procès qui ébranle sa présidence.

Rebecca Spinella a passé la nuit devant le centre de convention au bord de la plage pour pouvoir assister au meeting du président avec le Représentant local Jeff van Drew. Cet homme a récemment gagné ses lettres de noblesse dans l’Amérique de Donald Trump en abandonnant le parti démocrate et en vouant une fidélité absolue au président. «J’avais vraiment l’impression d’être entourée de gens comme moi», raconte Rebecca Spinella en décrivant sa longue nuit dans le froid. «Des gens qui pensent comme moi et sont des passionnés du président».

Des milliers de personnes ont pris place dans la salle quand le président des Etats-Unis arrive sur la scène peu avant 19h30. Il s’imprègne de la foule qui l’accueille bruyamment. Et comme une rock star, il se met à distiller ses tubes. Il s’attaque d’abord à l’opposition démocrate qu’il n’oublie jamais d’associer à la longue liste de superlatifs négatifs. «Les Américains en ont marre de la gauche radicale, enragée et socialiste», entonne-t-il. Il s’emporte contre la procédure de destitution qu’il décrit, sous les huées de ses supporters, comme «une arnaque» et un «abus de pouvoir» de la part de «fanatiques d’extrême-gauche». Il s’en prend à plusieurs reprise aux médias en les accusant de fake news et sourit quand la foule se met à scander «Fake News».

Donald Trump n’oublie pas de mentionner le mur qu’il construit à la frontière avec le Mexique. Un passage du discours qui incite immanquablement la foule à scander «Build the Wall» (Construisez le mur), l’un des tubes de la campagne présidentielle de 2016. Ce refrain est rapidement remplacé par un autre, «Drain the Swamp» (Assainissez le marécage), lorsque Donald Trump se plaint du complot politique dont il affirme faire l’objet à Washington. Il aborde longuement l’immigration illégale. Il se présente à la fois en victime de l’obstruction des parlementaires et en seul redresseur de tous les torts qui minent l’Amérique. «Je l’ai fait», martèle-t-il en dressant la liste des résultats «jamais vus» de sa présidence.

À l’heure où les démocrates s’apprêtent à entamer lundi dans l’Iowa leur saison des primaires présidentielle, Donald Trump est gonflé à bloc. Un sondage ABC News/Washington Post publié lundi montre qu’il est nettement plus compétitif contre les candidats démocrates qu’il ne l’était il y a encore quelques semaines. Il n’est devancé que de 4 points dans un hypothétique duel contre l’ancien vice-président Joe Biden.

Et Donald Trump aborde en position de force un vote crucial dans le procès pour sa destitution à Washington. Les Sénateurs républicains ont resserré les rangs derrière lui et paraissent déterminés à bloquer la convocation de témoins potentiellement dévastateurs pour le président américain comme John Bolton, son ancien conseiller à la Sécurité nationale.

En ce mardi soir à Wildwood, Donald Trump invite d’ailleurs ses supporters à faire abstraction de la tempête politique à Washington et à ne pas se soucier de la crise ukrainienne. Seule compte la perception de la force qu’il projette et qu’il associe au manque de reconnaissance dont il assure faire l’objet pour sa présidence bardée de superlatifs.« Le seul qu’il n’ont pas remercié est le président Trump», lance-t-il à la foule. «C’est pourquoi je dis qu’il faut se remercier soi-même car personne d’autre le fera pour vous». Au moment où il prononce ses mots, la salle comble à son arrivée sur la scène, a déjà commencé à se vider.

Créé: 31.01.2020, 20h31

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