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«Donald Trump fait ce qu’il a dit, le peuple admire ça!»

Les partisans du président ne sont pas nombreux en Helvétie. Deux d’entre eux parient sur sa victoire. Voici comment.

Débauche de merchandising à la gloire de Trump lors du lancement officiel de sa campagne mardi en Floride.
Débauche de merchandising à la gloire de Trump lors du lancement officiel de sa campagne mardi en Floride.
John Raoux

«Four more years!» Quatre ans de plus! C’est devant 20 000 supporteurs galvanisés que le président Donald Trump a formellement lancé, mardi à Orlando, dans l’Etat-clé de Floride, la campagne pour sa réélection en 2020. Mal-aimé des sondages, il aurait néanmoins toutes les chances de l’emporter, à entendre des électeurs républicains en Suisse, où la majorité des Étasuniens votent démocrate. Qu’est-ce qui les rend si optimistes? Explications.

James Foley est un converti. Porte-parole de Republicans Overseas Switzerland (l’association suisse des républicains de l’étranger), il s’était refusé en 2016 à voter pour Donald Trump, qui fut ami des Clinton dans le passé. Pourtant, aujourd’hui, ce Genevois d’adoption n’a pas de mots assez élogieux pour le locataire de la Maison-Blanche.

Un mur envers et contre tout

«Donald Trump a eu des réussites spectaculaires dans deux dossiers cruciaux: l’économie et l’immigration», s’enthousiasme ce partisan qui avait quitté son pays pour l’Europe en 2002 et qui a vécu à Saint-Gall avant de s’installer sur les bords du Léman. «Le président avait promis des coupes fiscales: elles ont stimulé les marchés et relancé une belle croissance. Il s’était engagé à ériger un mur pour stopper l’immigration illégale venue du Sud: il a réussi à arracher un budget pour le construire en dépit des blocages politiques, des obstacles judiciaires et d’une presse à charge!»

Plus fort encore: «En menaçant d’imposer des taxes à l’importation sur les produits mexicains, Trump a poussé le voisin latino-américain à envoyer davantage de troupes à ses frontières, notamment en Amérique centrale. Un élu qui fait ce qu’il a dit, le peuple admire ça!»

Duel avec Pékin

Soit. Mais n’est-il pas inquiet de voir son président brandir à qui mieux mieux des taxes à l’importation? Ne risque-t-il pas de mettre en péril notamment les échanges avec la Chine… dont dépendent tant d’emplois aux États-Unis? «C’est un outil de négociation! Les tarifs douaniers, Donald Trump s’en sert comme monnaie d’échange pour arracher des concessions. C’est un risque, mais il est mesuré. Aucun job n’a été perdu, que je sache. Et face à Pékin, il n’y a que ça qui marche. Les lignes commencent à bouger, il y aura une réunion bilatérale durant le G20 au Japon. On a tort de tenter d’amadouer les Chinois en pensant leur apporter la démocratie et le libre marché. Rappelez-vous qu’on ne peut investir chez eux qu’en créant une joint-venture avec une compagnie locale: c’est une incitation au vol technologique! L’Occident se fait balader depuis trop longtemps.»

Péril féminin

«Il faudra quand même un deal avec la Chine avant la fin de l’année, sans quoi Donald Trump va faire face à la colère des fermiers aux États-Unis», nuance Edward Flaherty, avocat international basé à Genève et ancien coprésident de Republicans Overseas Switzerland. Sans cautionner la vulgarité du président, il se réjouit de ses succès économiques tout en s’inquiétant pour l’avenir. «La formidable croissance de 3%, le taux de chômage au plus bas, ainsi que la baisse de l’aide alimentaire, tout cela peut rapidement être balayé par une récession… et il n’y en a pas eu depuis longtemps.»

L’autre grande inconnue, pour Me Flaherty, c’est la candidature démocrate. «Si c’est Joe Biden, je suis tranquille. Il est mis en avant parce qu’il est lié à Barack Obama, mais il n’est justement pas Barack Obama! En plus, c’est un gaffeur et il a beaucoup de casseroles. Cet homme issu de l’élite et plus âgé que Trump, je doute fort qu’il attire les voix de tous ces jeunes qui ont fait élire une nouvelle génération de politiciens au Congrès l’an dernier. Par contre, si les démocrates se choisissent une jeune candidate dynamique, ce sera une autre paire de manches.»

Craint-il le lancement d’une procédure d’impeachment (mise en accusation par le Congrès)? «Au contraire, je l’appelle de mes vœux, car cela garantirait la réélection de Donald Trump! Cette procédure n’est pas du tout populaire aux États-Unis. Le président est présumé innocent. Si le procureur spécial Robert Mueller n’a pas trouvé de preuves de collusion avec la Russie et s’il avait de quoi démontrer une obstruction de la Justice, il aurait traîné Trump devant les juges. Il ne l’a pas fait.»

Le piège iranien

Pour James Foley, c’est le déclenchement d’une guerre contre l’Iran qui risque de faire sombrer la candidature Trump. «Il avait promis que les États-Unis ne se prendraient plus pour les gendarmes du monde, mais l’industrie militaire est tellement importante, les intérêts en jeu sont si énormes, je crains le pire. Les citoyens, eux, en ont marre, ils ne le soutiendront pas.»

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