L'autre drame de Waco

Secte des DavidiensL'explosion de l'usine d'engrais au Texas ce jeudi a eu lieu non loin de la secte des Davidiens délogée par le FBI en 1993 et qui s'était soldé par la mort de 80 personnes, dont une vingtaine d'enfants.

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La scène a été comparée à la guerre en Irak et à l'attentat d'Oklahoma City de 1995 par les services de l'ordre accourus ce jeudi matin sur les lieux de l'explosion de l'usine survenue au nord de Waco, au Texas. Mais sur place, l'embrasement éveille sans doute d'autres douloureux souvenirs pour cette ville située à deux heures de route de Dallas où Bonnie et Clyde auraient pris leur dernier repas avant d'être criblés de balles.

C'était il y a vingt ans, quasiment jour pour jour. Le 19 avril 1993, après 51 jours de siège, le FBI lance l'assaut sur le «ranch de l'Apocalypse» -9 bâtiments, un château d'eau et une piscine- qui abrite quelque 80 membres de la secte de David Koresh. Vernon Wayne Howell de son vrai nom, croit être la réincarnation du Christ et avec ses adeptes, il vit reclus pour échapper au «nouvel ordre mondial» qui veut «abaisser le niveau de vie des Américains», détruire «la moralité en faisant exploser les familles» par «l'homosexualité et l'avortement», ou encore ouvrir en grand «les frontières américaines aux non-Blancs pour augmenter le niveau de criminalité». L'assaut est un fiasco: il n'y a que 9 survivants, une vingtaine d'enfants de moins de 10 ans sont morts calcinés.

Bavure policière ou suicide collectif?

Ce fiasco devient un symbole double: celui des errements des autorités américaines dans la lutte pour le contrôle des armes -les Davidiens avaient en effet pour devise «God and Gun country», et celui de la «tyrannie» potentiellement exercée par le gouvernement et la police fédérale sur le peuple. Et pour cause: l'issue dramatique de cet assaut a été tantôt expliquée par le suicide collectif, tantôt attribuée au FBI, qui aurait utilisé des engins ayant provoqué le gigantesque incendie.

Voulant venger ce bain de sang, Timothy McVeigh, proche de l'extrême-droite américaine, avait perpétré deux ans plus tard l'attentat d'Oklahoma City. L'explosion d'un immeuble fédéral avait fait 168 morts. Il avait délibérément choisi, pour commettre ses méfaits, la «date anniversaire» du 19 avril.

Créé: 18.04.2013, 11h47