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Des gestes jugés déplacés rattrapent Joe Biden

L’ex-vice-président est accusé par deux femmes. Des figures du mouvement #MeToo lui apportent leur soutien.

En tête dans les sondages démocrates, Joe Biden pourrait voir son élan brisé par ces révélations.
En tête dans les sondages démocrates, Joe Biden pourrait voir son élan brisé par ces révélations.
Reuters

Pour de nombreux Américains, il est «Oncle Joe». Deux ans après son départ de la Maison-Blanche, Joe Biden, l’ancien vice-président âgé de 76 ans, jouit toujours d’une forte cote de sympathie. Mais son image de politicien rassurant et proche du peuple est sérieusement menacée par les accusations de comportement inapproprié proférées par deux femmes ces derniers jours.

L’affaire, qui soulève des questions sur la probable entrée de Joe Biden dans la course à la Maison-Blanche, a commencé vendredi dernier. Lucy Flores, une ancienne politicienne démocrate dans le Nevada, l’a accusé de l’avoir embrassé sans son accord derrière la tête en 2014.

«J’étais mortifiée»

Elle a dénoncé le comportement de l’ancien vice-président de Barack Obama dans un article qu’elle a écrit pour le «New York Magazine». «Je l’ai senti se rapprocher de moi depuis derrière», a-t-elle affirmé. «Il s’est penché et a respiré mes cheveux. J’étais mortifiée.»

Lundi, Amy Lappos, une femme qui travaillait pour l’un des représentants du Connecticut, a partagé une expérience similaire avec Joe Biden. «Ce n’était pas sexuel, mais il a pris ma tête», a-t-elle raconté au «Hartford Courant», un quotidien du Connecticut. «Il a mis sa main autour de mon cou et m’a tirée vers lui pour frotter son nez contre moi. Quand il m’a attirée vers lui, j’ai cru qu’il allait m’embrasser sur la bouche.»

Joe Biden a réagi aux accusations de Lucy Flores dans un communiqué publié dimanche. «Au cours de mes nombreuses années en campagne et dans la sphère publique, j’ai fait un nombre incalculable de poignées de main et d’embrassades», a-t-il affirmé. «Et je n’ai jamais agi de manière inappropriée ni ne crois l’avoir fait», a-t-il poursuivi. «Si l’on suggère que je l’ai fait, je vais écouter avec respect. Mais ça n’a jamais été mon intention.»

Quand il m’a attirée vers lui, j’ai cru qu’il allait m’embrasser sur la bouche.Amy Lappos, l’une des accusatrices de Joe Biden

Ces accusations interviennent dans une période compliquée pour le mouvement #MeToo aux États-Unis. Kirsten Gillibrand, la sénatrice qui a promu ce mouvement au Congrès en 2017 et a incité les femmes a dénoncer les abus dont elles sont les victimes, a récemment été accusée par l’une de ses anciennes employées de ne pas avoir agi avec la même détermination lorsqu’elle a été confrontée à des accusations visant l’un de ses proches collaborateurs. La sénatrice, qui fait désormais campagne pour la Maison-Blanche, peine à décoller dans les sondages.

Témoignage à décharge

Stephanie Carter, la femme de l’ancien secrétaire à la Défense de Barack Obama, a dû prendre position dimanche pour défendre Joe Biden et expliquer une photo montrant l’ancien vice-président derrière elle en 2015, avec les mains sur ses épaules et semblant l’embrasser derrière la tête. Le cliché a commencé à circuler sur les médias sociaux et dans les médias après les accusations de Lucy Flores. «Le Joe Biden que l’on voit sur la photo est celui d’un homme aidant une amie proche à traverser un jour important, un geste pour lequel je serai toujours reconnaissante», a-t-elle écrit.

David Oskar Marcus, un avocat criminel à Miami, cite l’exemple de Stephanie Carter pour épingler le mouvement #MeToo dans un éditorial publié par «The Hill»: «Si #MeToo s’en prend à des gens pour des gestes innocents, bien intentionnés et qui ne sont pas sexuels, il a perdu sa voie», écrit-il.

Joe Biden a d’ailleurs reçu cette semaine le soutien d’Alyssa Milano, l’une des militantes de #MeToo les plus en vue. «Je crois que Joe Biden n’a jamais eu l’intention de rendre quelqu’un mal à l’aise», a écrit l’actrice en soulignant l’engagement de l’ancien vice-président contre les agressions sexuelles.

L’entourage de Joe Biden laisse entendre que ces récentes accusations n’auront pas d’incidence sur sa probable décision de se lancer dans la course à la Maison-Blanche en 2020. Joe Biden reste d’ailleurs en tête dans les sondages démocrates. Mais à l’heure où ses adversaires récoltent des millions de dollars pour financer leurs campagnes, les accusations de Lucy Flores et Amy Lappos créent des remous dont le clan Biden se serait bien passé.

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