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Le groupe Ford renonce à délocaliser, Donald Trump jubile

Le géant automobile fait marche arrière et annonce même la création de 700 emplois dans le Michigan.

Ford, le groupe automobile de Detroit, reste dans le Michigan avec son usine d’assemblage de Wayne et y créera 700 emplois.
Ford, le groupe automobile de Detroit, reste dans le Michigan avec son usine d’assemblage de Wayne et y créera 700 emplois.
AP

«Ce n’est que le début.» Donald Trump s’est félicité mardi sur Twitter de la décision de Ford de ne pas délocaliser l’une de ses usines au Mexique. Le futur président des Etats-Unis a remercié le groupe automobile de Detroit après l’annonce de celui-ci de rester dans le Michigan et d’y créer 700 emplois. Ce message tranche avec les critiques que Ford avait essuyées l’année dernière de la part d’un Donald Trump qui s’est présenté aux Américains comme le champion des emplois «made in USA».

Le constructeur automobile, qui avait fait part de son intention d’investir 1,6 milliard de dollars au Mexique en avril 2016, a admis mardi que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche le 20 janvier avait joué un rôle dans sa volte-face. «Nous prenons en considération tous les facteurs et de notre point de vue, nous voyons qu’il y aura un environnement plus favorable pour la manufacture aux Etats-Unis sous le président élu Trump grâce aux politiques de croissance qu’il propose», a affirmé Mark Fields, le patron de Ford.

L’UAW, le syndicat des travailleurs de l’industrie automobile, qui avait soutenu la démocrate Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle de 2016, s’est félicité de la décision de Ford tout en évitant de mentionner Donald Trump: «L’UAW croit depuis longtemps que les entreprises qui vendent des voitures dans notre pays doivent les fabriquer dans notre pays», a réagi Dennis Williams, le président de l’UAW.

Points marqués par Trump

Quelques jours après l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, Ford avait annoncé son intention de ne pas délocaliser vers le Mexique une autre usine installée dans l’Etat du Kentucky. A l’époque, Donald Trump s’était déjà attribué cette décision en affirmant avoir «travaillé dur» avec Bill Ford, le président du groupe automobile, pour parvenir à cette résolution. Ford avait mentionné le «soutien» de Donald Trump dans un communiqué publié le 18 novembre.

Donald Trump a également marqué des points le 1er décembre en convaincant Carrier, un fabriquant de cli matiseurs de l’Indiana, de ne pas délocaliser vers le Mexique l’une des deux usines devant y être transférées. Pour y parvenir, il avait accordé 7 millions de réductions d’impôts à United Technologies, le groupe qui possède Carrier, tout en menaçant d’annuler les contrats publics en cas de délocalisation de la production. Au cœur du plan de Donald Trump pour rendre le secteur de la manufacture plus compétitif aux Etats-Unis, on retrouve deux grandes propositions: faire baisser le taux d’imposition des sociétés de 35 à 15% et remettre en question l’accord nord-américain de libre-échange (ALENA) signé en 1994 avec le Mexique et le Canada. Ce traité exempte notamment les constructeurs américains de droits de douane sur les voitures fabriquées au Mexique et importées aux Etats-Unis si 65% des pièces sont d’origine nord-américaine. Donald Trump a promis d’instaurer une taxe de 35% sur les produits importés du Mexique vers les Etats-Unis et de renégocier l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

La méthode Trump se résume la plupart du temps en messages brefs et cinglants sur Twitter. Le futur président des Etats-Unis s’en est notamment pris à Lockheed Martin et Boeing. Il a mis en garde General Motors le 3 janvier et a intimé l’ordre au constructeur automobile de fabriquer ses véhicules aux Etats-Unis sous peine de payer une grosse taxe à l’importation. General Motors a immédiatement précisé dans un communiqué que le modèle construit au Mexique et visé par Donald Trump était en fait principalement destiné au marché mondial, un petit nombre de véhicules étant vendus aux Etats-Unis. Intentions protectionnistes

Donald Trump a souligné ses intentions protectionnistes en annonçant mardi la nomination de Robert Lighthizer, un avocat spécialiste du droit des affaires et sceptique quant au libre-échange, au poste de représentant des Etats-Unis pour le commerce. «Je suis déterminé à soutenir la mission du président élu Trump afin de donner des chances égales aux travailleurs américains et de développer de meilleures politiques commerciales qui bénéficieront à tous les Américains», a affirmé mardi Robert Lighthizer dans un communiqué.

Le futur président des Etats-Unis a en outre annoncé mardi qu’il donnerait sa première conférence de presse depuis sa victoire du 8 novembre. Il a donné rendez-vous aux médias le 11 janvier, au lendemain du discours d’adieux de Barack Obama à Chicago.

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