Avec Mauricio Macri, la fin d’une ère en Amérique latine

ArgentineL’Argentine est gouvernée à droite. Un peu partout sur le continent, la gauche est en difficulté ou du moins semble en recul.

Le nouveau président, Mauricio Macri.

Le nouveau président, Mauricio Macri. Image: Reuters

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A droite, toute! En prêtant serment ce jeudi à Buenos Aires, le nouveau président Mauricio Macri a mis fin à douze ans de gouvernements Kirchner: d’abord celui de Nestor puis celui de Cristina, sa femme. C’est un tournant majeur pour l’Argentine, bien sûr, mais c’est aussi le signe qu’en Amérique latine, une ère prend fin. La grande vague de gauche qui semblait tout emporter sur son passage au cours de la première décennie de ce siècle est bel et bien terminée.

Rappelez-vous. En 1999, le très «bolivarien» Hugo Chavez accédait au pouvoir au Venezuela. Puis en 2003, c’était le syndicaliste Luiz Inácio «Lula» da Silva au Brésil et le péroniste Nestor Kirchner en Argentine. En 2006, le militant amérindien Evo Morales l’emportait en Bolivie puis la socialiste Michelle Bachelet au Chili. En 2007, c’était l’économiste Rafael Correa en Equateur et le sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua. José Mújica, ex-guérillero, est arrivé au pouvoir en Uruguay en 2010.

Les temps ont changé. Dimanche passé, à peine deux semaines après la victoire surprise en Argentine du candidat antipéroniste, les électeurs au Venezuela ont offert une «supermajorité» parlementaire aux antichavistes, forçant le président socialiste Nicolás Maduro à une cohabitation pénible à partir du 5 janvier. Deux ans après la mort du très charismatique Hugo Chavez, Caraca s en crise pétrolière ne peut plus jouer le rôle de meneur sur le continent. Mais les gauches d’Amérique latine ne peuvent plus non plus s’appuyer sur les deux poids lourds économiques de la région. Au Brésil, première puissance du continent, la présidente Dilma Rousseff atteint des records d’impopularité et risque la destitution. Quant à l’Argentine, elle est donc désormais gouvernée à droite. Enfin, au Chili, une Michelle Bachelet revenue au pouvoir triomphante en 2014 a vu depuis lors sa cote de popularité s’effondrer.

Il reste certes la Bolivie d’Evo Morales (réélu en 2014), l’Equateur de Rafael Correa (très populaire), le Nicaragua de Daniel Ortega et l’Uruguay de Tabaré Vázquez. Mais avec la fin de l’âge d’or des matières premières, l’Amérique latine peine de plus en plus à financer les programmes sociaux et à juguler la crise économique. La nouvelle ère, décidément, sera difficile.

Créé: 10.12.2015, 21h17

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