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Au Mexique, les enfants perdus de la violence

Une génération de jeunes ayant grandi en pleine guerre contre le trafic de drogue joue un rôle clé, à la fois victime et bourreau de la crise d’insécurité qui sévit dans le pays.

Récupérés: Dans l’État du Chiapas, des jeunes membres de gangs sont pris en charge pour être acheminés vers un centre de réadaptation. RENE DE JESUS/AFP
Récupérés: Dans l’État du Chiapas, des jeunes membres de gangs sont pris en charge pour être acheminés vers un centre de réadaptation. RENE DE JESUS/AFP
RENE DE JESUS/AFP, AFP

Kevin avait à peine atteint la puberté quand il a rejoint un gang de son quartier. Il avait 16 ans et avait grandi dans la ville de Nezahualcoyotl (État de Mexico), l’une des régions les plus marginalisées et violentes en périphérie de la capitale mexicaine. Il voulait être quelqu’un. Il voulait appartenir à quelque chose. Il voulait être respecté. Et pour cela il lui fallait trois choses: des habits de marque, une paire de chaussures chingonas (stylées) et de l’argent. Le gang comptait dix membres environ. Le plus âgé n’avait pas plus de 25 ans et le plus jeune en avait 9. Le plus petit était aussi le plus sanguinaire. Il ne manifestait aucun regret et se tenir à ses côtés donnait de l’assurance. Kevin savait que si quelqu’un s’en prenait à eux, le petit le tuerait.

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