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La NSA illégale et inutile selon un rapport

Le virulent rapport d'une commission de contrôle indépendante a été salué par Edward Snowden en direct sur internet.

La collecte systématique des métadonnées téléphoniques aux Etats-Unis par l'Agence nationale de sécurité (NSA) enfreint la loi, selon une commission de contrôle indépendante. Son rapport publié jeudi a été salué par Edward Snowden en direct sur internet.

Le long rapport du Privacy and Civil Liberties Oversight Board (PCLOB) constitue à ce jour selon ses membres l'examen le plus détaillé du programme de collecte des métadonnées téléphoniques par la NSA. Cette institution est en place depuis 2006 dans sa forme actuelle, mais a été créée secrètement en 2001 après les attentats du 11 Septembre, sous la présidence de George W. Bush.

Atteintes potentielles à la vie privée

Les métadonnées sont anonymes et contiennent le numéro appelé, la durée et l'horaire de chaque appel passé aux Etats-Unis, mais pas l'enregistrement des conversations. Sa conclusion la plus radicale, approuvée par trois des cinq membres de la commission, est sans appel: ce programme est illégal et le gouvernement doit y mettre fin.

«Nous n'avons pas identifié un seul cas de menace contre les Etats-Unis où le programme a permis de concrètement affecter le résultat d'une enquête antiterroriste», écrit la commission. Les auteurs s'inquiètent en outre des atteintes potentielles à la vie privée de cette monumentale base de données.

Fin du programme en l'état

La Maison Blanche a réagi en rappelant que le programme avait été approuvé 36 fois en sept ans par les juges de la cour secrète Foreign Intelligence Surveillance Court (Fisc).

«Mais, comme le président l'a dit, il estime que nous pouvons et devons y apporter des changements de façon à ce que les Américains aient plus confiance en lui», a déclaré Jay Carney, porte-parole de l'exécutif. «En somme, le président a annoncé qu'il mettait fin au programme dans son état actuel.»

Barack Obama a annoncé vendredi dernier lors d'un discours la poursuite de la collecte des métadonnées mais selon de nouvelles modalités qui restent à définir par l'exécutif et le Congrès. A distance, Edward Snowden s'est félicité jeudi des conclusions de la commission.

Retour au pays exclu

Le fugitif américain, qui encourt 30 ans de prison pour espionnage et vit réfugié en Russie, a exclu, lors d'une séance de questions-réponses écrites en direct sur le site animé par ses soutiens freesnowden.is, tout retour aux Etats-Unis. Il estime «qu'il n'y a aucune chance» qu'il bénéficie d'un procès équitable, les autorités américaines ne le considérant pas comme un lanceur d'alerte, un statut protégé par la loi.

Le ministre de la Justice américain, Eric Holder, a réitéré jeudi la position du gouvernement: Edward Snowden ne sera jamais gracié. «Nous avons toujours indiqué que la notion de clémence n'était pas quelque chose que nous étions prêts à envisager. A la place, s'il devait revenir aux Etats-Unis pour plaider coupable, nous ouvririons le dialogue avec ses avocats», a-t-il dit à la chaîne MSNBC.

Menaces de mort

Edward Snowden a aussi démenti avoir volé les mots de passe de ses anciens collègues de la NSA, comme l'affirmaient plusieurs sources anonymes en novembre. Sur le plan personnel, il s'est dit consterné par les propos anonymes récents d'officiers de renseignement américains qui ont confié au site Buzzfeedqu'ils aimeraient le voir mort.

«Le fait qu'il y ait une menace directe sur ma vie est quelque chose dont je suis conscient, mais je ne serai pas intimidé. Bien agir signifie qu'on n'a aucun regret», a déclaré l'Américain.

(ats)

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