«Nous ne sommes pas loin du point de non-retour»

EnvironnementEn 2019, la déforestation a explosé dans la partie brésilienne de la forêt amazonienne.

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C'est un triste record annoncé cette semaine. Sur un an, la déforestation de l'Amazonie a augmenté de près de 30%. 9762 km2 de forêt ont disparu: le plus haut niveau depuis 2008, selon les chiffres livrés par l’Institut National de Recherches Spatiales du Brésil (INPE). La situation ne peut que s'empirer si le gouvernement brésilien ne change pas son cap, estime Oliver Classen, porte-parole de l'ONG Public Eye.

Sommes-nous à un point de non-retour ?
Selon le GIECC, nous n'en sommes pas loin, même si aucun expert ne peut dire avec exactitude quand ce point arrivera. 20% de la forêt ont disparu et il y a un effet d'enchaînement. Le réchauffement fait souffrir la forêt et la déforestation et le CO2 dégagé augmentent le réchauffement climatique. C'est tout le système qui menace de s'écrouler si on coupe et qu'on ne replante pas d'arbres.

Depuis 2004, le Brésil avait pris des mesures pour empêcher cette déforestation. Pourquoi Jair Bolsonaro est-il en train de faire marche arrière?
Bolsonaro a été élu sur ses promesses électorales. Même s'il n'a pas voulu être personnellement responsable de la mort de l'Amazonie, sa politique accélère le processus de déforestation. On le voit dans sa décision récente de relancer la plantation de canne à sucre dans la région. Cette agriculture utilise moins de place que le soja, mais les pesticides massivement déployés par avions sont responsables de la pollution des sols et de la hausse du CO2. Sans parler du tort causé aux populations indigènes locales. Bolsonaro soutient par ailleurs les planteurs de soja qui demandent la suspension du moratoire dans l'Amazonie.

Il estime que la forêt est une ressource pour le développement économique de son pays ? Est-ce une politique viable à long terme ?
C'est une politique d'extractivisme sur le dos de l'environnement et des droits de l'homme. Pour les matières premières qui ne sont pas renouvelables, comme l'or ou le pétrole, cette ligne n'est pas tenable. Pour les matières renouvelables, comme le soja ou le sucre, c'est une vue à court terme des entreprises qui ne pensent qu'à leur profit immédiat. Or cet écosystème fragile et précieux signifie énormément pour nous humains en terme de biodiversité et de poumon de la planète. Si on ne freine pas la déforestation, l'Amazonie va finir par se transformer en Savane. Dans 20 ans, 30 ans? Personne ne le sait.

Que faire alors ?
Nous demandons que les entreprises agricoles, dont certaines ont des ramifications jusqu'en Suisse, prennent leurs responsabilités et arrêtent l'exploitation de la forêt. Par ailleurs, nous voulons que la Suisse ne signe pas l'accord de libre-échange Mercosur dans sa forme actuelle, telle qu'elle doit le faire à Davos en janvier, car il n'existe probablement pas de clauses sociales et environnementales suffisantes à nos yeux. Nous demandons également le respect des accords internationaux en place, comme celui de Paris, signé par le Brésil, ou la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux.

A qui appartient finalement la forêt amazonienne ? Au Brésil ou au monde entier ?
Il y a un point de vue philosophique qui estime que la nature est une personnalité juridique, titulaire en ce sens de droits, comme les humains. Plus concrètement, le gouvernement brésilien est responsable de sa forêt. Mais les autres Etats du monde doivent le soutenir dans sa lutte contre la déforestation. Nous avons tous notre part de responsabilité.

Créé: 22.11.2019, 19h56

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