Un général de l'OTAN embourbé dans le scandale Petraeus

Etats-UnisLe général américain John Allen, commandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, est l'objet d'une enquête pour avoir envoyé des courriels à une femme liée au scandale sexuel dans lequel l'ex-chef de la CIA est impliqué.

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Le scandale à l'origine de la démission du chef de la CIA David Petraeus a connu mardi un nouveau rebondissement avec la révélation d'une possible implication du commandant des forces de l'OTAN en Afghanistan pour avoir échangé des courriels «inappropriés» avec l'une des femmes liée à l'affaire.

Leon Panetta, le secrétaire à la Défense et prédécesseur de David Petraeus à la tête de la CIA, a estimé qu'en démissionnant le général avait «pris la bonne décision».

Un responsable du Pentagone a confié mardi à des journalistes que le FBI avait découvert 30'000 pages de correspondance entre le général John Allen et Mme Jill Kelley, une amie du couple Petraeus et proche des militaires.

Maison perquisitionnée

Jill Kelley, 37 ans, résidant à Tampa (Floride), avait informé le FBI qu'elle avait reçu des courriels de menaces. Une enquête a révélé que ces messages étaient envoyés par Paula Broadwell, la biographe et maîtresse de Petraeus. Le FBI est ensuite tombé sur les courriels entre Paula Broadwell et le directeur de la CIA qui ont fait éclater le scandale.

Selon plusieurs média américains, le FBI a perquisitionné la maison de Mme Broadwell à Charlotte (Caroline du Nord). Les agents du FBI ont transporté des cartons et pris des photos à l'intérieur de la maison, a indiqué la chaîne CBS.

Selon le journal Charlotte Observer, ils semblaient aussi sonder les planchers de la maison.

Paula Broadwell n'a pas reparu à son domicile depuis le départ de David Petraeus.

Des élus du Congrès veulent comprendre pourquoi ils n'ont pas été informés plus tôt, étant donné les atteintes possibles à la sécurité nationale. Le CIA et la Maison Blanche ont en effet mis quatre mois à les informer.

Volonté d'en tirer un bénéfice politique ou crainte d'un complot, certains élus républicains s'interrogent sur la concomitance de cette démission avec le début des auditions à huis clos prévues mardi devant le Congrès sur l'attaque contre le consulat américain le 11 septembre à Benghazi (Libye).

Source de polémique

L'affaire est source de polémique depuis deux mois et se focalise dorénavant sur la réaction de la CIA face à cette attaque.

David Petraeus devait témoigner, ce sera finalement le directeur adjoint de l'agence, Michael Morell, qui ira à sa place. Insuffisant, selon certains.

Les propos équivoques tenus à Denver fin octobre par Paula Broadwell, risquent de relancer les interrogations sur ce que savait le directeur de la CIA, et ce qu'il a pu dire à Mme Broadwell.

«Nous aurions dû être informés, il s'agit de quelque chose qui aurait pu avoir un effet sur la sécurité nationale», a regretté la présidente de la puissante commission du Renseignement du Sénat, Dianne Feinstein, qui dit avoir découvert l'affaire le jour où elle a été rendue publique.

L'élue démocrate a promis d'enquêter sur l'action du FBI dans ce dossier.

D'après les éléments ayant filtré de sources anonymes dans la presse, tout a débuté au «début de l'été», quand le FBI a ouvert une enquête sur six courriels anonymes de menace envoyés à Jill Kelley.

Au cours de son enquête, le FBI a identifié Paula Broadwell comme l'auteur des emails de menace. Sur la messagerie de la biographe du général, les agents fédéraux ont trouvé trace de conversations intimes avec David Petraeus.

La liaison entre la mère de famille de 40 ans et le général a débuté en novembre 2011, deux mois après la prise de fonction de David Petraeus à la CIA, et pris fin en juillet.

Hiérarchie informée

Les enquêteurs ont informé alors de leur découverte leur hiérarchie et le ministère de la Justice dont ils dépendent, mais ils en sont restés là et ont poursuivi leurs investigations.

Après avoir entendu Paula Broadwell et David Petraeus, le FBI a estimé au vu des faits que le chef de la CIA n'avait commis aucun délit.

Ce n'est que le 6 novembre, jour de la réélection de Barack Obama, que le supérieur de David Petraeus, le directeur national du renseignement (DNI) James Clapper, sera mis au courant. La Maison Blanche le sera le lendemain.

David Petraeus s'est dit «dévasté» par cette affaire selon un ami de la famille. «Il regrette (cette liaison) à beaucoup d'égards, je ne pense pas que qui que ce soit puisse imaginer comme ça l'a affecté lui, sa famille, et à un certain niveau le pays, parce qu'il occupait un poste qui réclamait un engagement total», a déclaré Steve Boylan, ami et ancien porte-parole de Petraeus. (afp / ats/nxp)

Créé: 13.11.2012, 11h11

La chaîne ABC News décrypte l'affaire

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