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Héros ou traître, la taupe de WikiLeaks face aux juges

Le procès très attendu de Bradley Manning s'est ouvert lundi devant une cour martiale à Fort Meade (Maryland).

Le soldat Bradley Manning est accusé de collusion avec l'ennemi.
Le soldat Bradley Manning est accusé de collusion avec l'ennemi.
AFP

Le procès devrait durer jusqu'à la fin du mois d'août. Le jeune soldat américain est jugé pour l'une des plus importantes fuites de documents confidentiels de l'histoire américaine.

Vêtu de son uniforme, le jeune homme de 25 ans, corps frêle et visage d'adolescent, a commencé à comparaître vers 09h45 (14h45 en Suisse) devant la juge militaire. Le procès s'est ouvert devant de nombreux journalistes américains et étrangers.

Arrêté en mai 2010 alors qu'il travaillait pour les services de renseignement de l'armée américaine en Irak, Bradley Manning fait face à 21 chefs d'accusation. Il plaide non coupable en ce qui concerne le plus grave, celui de collusion avec l'ennemi, passible de la prison à vie. Le soldat a notamment transmis au site WikiLeaks de Julian Assange des télégrammes diplomatiques et des vidéos de combats.

Le soldat a en revanche plaidé coupable à dix autres charges moins sérieuses, dont la possession et la diffusion d'informations classés secrètes sur l'Irak et l'Afghanistan, pour lesquelles il risque une peine pouvant aller jusqu'à vingt ans de prison.

Prison à perpétuité

Bradley Manning nie avoir jamais voulu «nuire» aux Etats-Unis, comme l'affirme l'accusation. Le militaire déclare avoir tenté de «provoquer un débat public» sur les guerres en Irak et en Afghanistan. De son côté, le gouvernement américain avance que l'ex-soldat a mis «sciemment» les Etats-Unis en danger.

Le gouvernement l'accuse de «collusion avec l'ennemi», en l'occurrence Al-Qaïda. Il entend prouver que les informations dévoilées sont arrivées entre les mains de l'organisation terroriste. L'accusation porte sur quelque 700'000 documents classifiés. Malgré son plaider-coupable partiel, l' accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Parmi 150 témoins appelés à la barre, 24 vont témoigner à huis clos, notamment des ambassadeurs et des responsables du renseignement, ainsi qu'un membre du commando ayant participé au raid de mai 2011 contre le bunker d'Oussama ben Laden. Celui-ci dira si des documents divulgués par Manning ont été retrouvés dans la cache du leader d'Al-Qaïda. Les débats sont prévus jusqu'au 23 août.

Soutenu par ses partisans

Les partisans de Manning sont venus le soutenir par centaines samedi devant la base militaire de Fort Meade. Ils présentent l'ancien soldat comme une icône de la paix et un héros dénonçant courageusement les abus de la politique étrangère américaine.

Ils citent la vidéo d'une bavure sur des civils irakiens que Bradley Manning a reconnu avoir divulguée car elle lui «faisait horreur». Ou encore les rapports secrets des 779 détenus passés par les geôles de Guantanamo, dont Manning a permis de découvrir que 150 étaient incarcérés sans raison.

(ats)

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