Trump: la «faveur» de trop

Etats-UnisLa requête du président américain à son homologue ukrainien lui vaut d’être visé par une procédure de destitution.

Hasard du calendrier, les deux chefs d’Etat, Volodymyr Zelensky et Donald Trump, se sont rencontrés mercredi dans le cadre de l’ONU.

Hasard du calendrier, les deux chefs d’Etat, Volodymyr Zelensky et Donald Trump, se sont rencontrés mercredi dans le cadre de l’ONU. Image: Saul Loeb/ AFP

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Donald Trump s’est débattu toute la journée de mercredi à New York contre la réputation de mafieux que l’opposition démocrate tente de lui coller sur le dos. Le président américain, qui fait désormais formellement l’objet d’une enquête pouvant aboutir à sa destitution, n’a cessé de condamner la démarche initiée mardi soir par Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des Représentants. «Elle s’est égarée», a assuré le président des États-Unis après-midi à propos de l’élue qui mène désormais l’enquête sur lui. Nancy Pelosi reproche à Donald Trump d’avoir «violé» la Constitution américaine en demandant cet été au nouveau chef d’État ukrainien d’enquêter sur Joe Biden, l’un des principaux rivaux démocrates de Donald Trump pour la présidentielle américaine de 2020.

Hasard du calendrier, Donald Trump a rencontré mercredi après-midi en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui se retrouve avec lui au cœur du scandale de trop pour l’administration Trump. Au cours d’une conférence de presse improvisée, Donald Trump a assuré n’avoir exercé «aucune pression» sur son homologue ukrainien pour que celui-ci ouvre une enquête sur Joe Biden.

Il a aussi assuré connaître «très bien» l’Ukraine. La raison mentionnée: une gagnante de «Miss Univers», un concours de beauté que le milliardaire new-yorkais organisait avant d’être élu à la Maison-Blanche, est originaire d’Ukraine. Aux côtés du président américain, Volodymyr Zelensky a assuré que «personne» ne l’avait «poussé». Il a aussi déclaré ne pas vouloir «s’impliquer» dans les élections américaines.

Depuis l’ouverture de l’enquête sur Donald Trump, tout s’est accéléré à Washington. Quelques heures avant l’entrevue entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, la Maison-Blanche avait publié le résumé d’une discussion téléphonique d’une demi-heure entre les deux hommes le 25 juillet 2019. Au cours de cet appel, Donald Trump avait demandé «une faveur» à son interlocuteur après lui avoir rappelé que les États-Unis faisaient «beaucoup» pour l’Ukraine.

La conversation avait alors rapidement bifurqué sur Hunter Biden, le fils de l’ancien vice-président Joe Biden. «On parle beaucoup du fils de Biden et du fait que Biden ait arrêté l’enquête et beaucoup de gens veulent en savoir plus sur le sujet, donc cela serait formidable si vous pouviez vous pencher dessus», avait déclaré Donald Trump à Volodymyr Zelensky. Le président américain avait aussi demandé à son homologue ukrainien de collaborer avec son propre avocat personnel, Rudy Giuliani, et avec le ministre américain de la Justice.

«Intimidation mafieuse»

Adam Schiff, le président démocrate de la Commission du renseignement de la Chambre des Représentants, a comparé cette requête du président américain à une «intimidation typiquement mafieuse» d’un dirigeant étranger. «Comme tout parrain, le président n’a pas eu à dire: «vous avez un beau pays, ce serait dommage si quelque chose lui arrivait», a martelé l’élu californien au cours d’une conférence de presse organisée mercredi pour expliquer la décision de la majorité démocrate de lancer la procédure pouvant aboutir à la destitution de Donald Trump. «C’était clair dans le fil de la conversation.»

L’affaire a été révélée par un mystérieux lanceur d’alerte. Dans un premier temps, le chef par intérim des services de renseignement américain avait refusé de transmettre au Congrès le témoignage mettant en cause le président des États-Unis comme il aurait dû le faire. Le 13 septembre, Adam Schiff avait accusé ce haut responsable de l’administration Trump de vouloir étouffer l’affaire.

Au fil des révélations dans les médias américains, selon lesquelles Donald Trump avait demandé un chef d’État étranger d’enquêter sur l’un de ses rivaux politiques, la position du président des États-Unis est rapidement devenue intenable et a abouti à l’ouverture d’une procédure de destitution.

«C’est important», juge Claire Finkelstein, la responsable de la chair d’éthique et de l’État de droit à l’Université de Pennsylvanie. «Cela montre d’une part que les démocrates sont désormais unis face au président. Et de l’autre, cette démarche leur permet d’accroître leur accès aux documents que la Maison-Blanche a jusqu’ici refusé de leur transmettre.» L’administration Trump devait remettre mercredi soir au Congrès le témoignage du lanceur d’alerte que réclamait le Congrès depuis des semaines. Et le directeur par intérim des Services américains de renseignement doit témoigner ce jeudi devant les parlementaires.

Créé: 25.09.2019, 22h46

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