Trump-Obama: duel pour les «Midterms»

États-UnisDeux visions radicalement différentes de l’Amérique s’affrontent en clôture de la campagne.

Le 44e et le 45e président des États-Unis: Barack Obama et Donald Trump. Aux antipodes.

Le 44e et le 45e président des États-Unis: Barack Obama et Donald Trump. Aux antipodes. Image: AP PHOTO

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Les Américains ont assisté ce week-end au deuxième round de l’âpre duel entre Barack Obama et Donald Trump. Le président des États-Unis avait gagné le premier en 2016 en étant élu à la Maison-Blanche malgré la campagne de Barack Obama pour Hillary Clinton. Il a multiplié les meetings ce week-end pour tenter de conserver la majorité républicaine au Congrès lors des élections de mi-mandat de mardi et contrer la tournée de son rival. «Il a eu un très petit public», s’est moqué Donald Trump en Virginie-Occidentale, avant de fustiger les «mensonges» et les «promesses non tenues» de son prédécesseur.

Barack Obama a aussi tenté de mobiliser les électeurs démocrates à se rendre aux urnes ce mardi. «Les conséquences de l’abstention de chacun d’entre nous sont réellement dangereuses», a affirmé l’ancien président des États-Unis à des milliers de personnes réunies vendredi à Miami pour un meeting en faveur d’Andrew Gillum, le démocrate qui pourrait devenir le premier gouverneur noir de Floride. «Peut-être plus que tout, c’est l’identité de notre pays qui est en jeu.»


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L’ancien président, âgé de 57 ans, reste une superstar au sein d’une opposition démocrate nostalgique de ses huit années passées à la Maison-Blanche. Après avoir opté pour la retenue face aux critiques et accusations de Donald Trump lors de la première année du mandat de celui-ci, Barack Obama s’en est affranchi ces derniers mois et a aiguisé ses critiques pour la campagne des Midterms.

«J’espère que nous allons voir à travers les mensonges, faire abstraction du bruit et nous souvenir de qui nous sommes destinés à être», a lancé Barack Obama à Miami. Après son meeting en Floride, l’ancien président s’est rendu en Géorgie, où la démocrate Stacey Adams pourrait devenir la première gouverneure noire de cet État conservateur du sud des États-Unis. Dimanche, le jour du 10e anniversaire de son élection à la Maison-Blanche, Barack Obama a soutenu des candidats démocrates dans sa ville de Chicago. Il s’est ensuite rendu dans l’Indiana, un État du Midwest largement remporté par Donald Trump en 2016 et dans lequel le sénateur démocrate sortant, Joe Donnelly, est menacé de perdre son siège.

Itinéraires similaires

Dans leur duel à distance, Barack Obama et Donald Trump suivent des itinéraires similaires. Ils sillonnent des États où pourrait se jouer le contrôle du Sénat et où les démocrates pourraient s’emparer de postes de gouverneur très importants: Floride, Géorgie, Indiana, Nevada, Wisconsin. Dans l’Indiana, Donald Trump a mis en garde ses milliers de supporters contre les «démocrates radicaux» qui pourraient prendre le contrôle du Congrès et «démolir notre économie et notre futur». «Si vous voulez protéger les sans-papiers criminels, votez démocrate», a martelé samedi le président des États-Unis en Floride.

L’influence de Barack Obama est notable sur la fin de campagne électorale. Le 44e président des États-Unis jouit d’une forte cote de popularité et les militants portent encore souvent des t-shirts à son effigie dans les meetings pour des candidats démocrates au Congrès. Plusieurs de ces candidats, dont Beto O’Rourke, le progressiste qui brigue un siège au Sénat au Texas, ont adopté un message optimiste et inclusif rappelant celui de Barack Obama. «Beto a réussi à faire en sorte que le débat politique soit à nouveau civil et respectueux», explique Ricardo Rodriguez, le procureur du comté d’Hidalgo rencontré le mois dernier à un meeting de Beto O’Rourke dans la ville texane de McAllen. «On n’avait plus vu cela depuis Barack Obama.»

Dans l’esprit des électeurs républicains, Barack Obama et Donald Trump sont tout aussi indissociables. Patsy Taylor, une membre de la Fédération des Texanes républicaines, résume le sentiment de nombreux conservateurs lorsqu’elle accuse Barack Obama d’avoir joué la carte raciale pendant sa présidence et d’avoir «divisé» les Américains. Et Nancy Garrett, une fan texane de Donald Trump, a accroché une bannière au grillage de son jardin sur laquelle elle dresse la liste des personnalités démocrates que les conservateurs comme elle ne peuvent «plus voir». Le premier nom sur sa liste: Barack Obama.

À l’heure où le vote anticipé bat des records pour des Midterms aux États-Unis, la bannière de Nancy Garrett reflète aussi un sentiment omniprésent chez les électeurs américains à vingt-quatre heures du scrutin. Son message? «Votez comme si votre vie en dépendait, car c’est le cas!»

(24 heures)

Créé: 04.11.2018, 22h46

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