Ultimes négociations autour du mur budgétaire

Etats-UnisLa tension est montée dimanche à Washington où les élus négocient pour éviter in extremis une cure d’austérité brutale dès lundi à minuit. Démocrates et Républicains s'accusent d'être responsables de la crise du «mur budgétaire».

Nuages noirs sur la Maison-Blanche. Sans accord sur le budget, c'est un plan d'austérité automatique qui toucherait les Etats-Unis.

Nuages noirs sur la Maison-Blanche. Sans accord sur le budget, c'est un plan d'austérité automatique qui toucherait les Etats-Unis. Image: Keystone

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Le président démocrate a assuré dans un entretien télévisé que ses adversaires, qui contrôlent une partie du Congrès, n'arrivaient pas à accepter l'idée que "les impôts des Américains les plus riches devraient augmenter un petit peu" dans le cadre d'un accord budgétaire.

Ces déclarations ont provoqué une riposte vigoureuse du président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner. "Les Américains ont élu le président Obama pour diriger, pas pour accuser", a-t-il lancé, en mettant en cause le refus du président de "tenir tête à son propre parti".

C'est dans cette ambiance délétère que les chefs de file républicain et démocrate du Sénat tentaient dimanche d'accoucher d'un compromis de dernière minute acceptable aussi bien par cette assemblée aux mains des démocrates que par la Chambre où les républicains dominent.

Impasse

Mais tant le démocrate Harry Reid que le républicain Mitch McConnell ont constaté l'impasse, sans toutefois renoncer à leur mission dans l'immédiat. "A l'heure actuelle nous ne sommes pas en mesure de présenter une contre-proposition" aux républicains, a affirmé M. Reid à la tribune en début d'après-midi.

"Nous savons tous que le temps va finir par manquer. Il y a bien trop de choses en jeu pour s'adonner à des jeux politiciens", a indiqué pour sa part M. McConnell en révélant avoir contacté le vice-président Joe Biden, sénateur pendant 36 ans, afin de tenter de débloquer la situation.

Si ces efforts étaient infructueux, les mesures d'austérité qui se mettraient automatiquement en oeuvre le 1er janvier - hausse généralisée des impôts et coupes claires dans les dépenses de l'Etat fédéral - risqueraient de faire retomber à terme la première économie mondiale dans la récession, ont prévenu des économistes.

Accord pas vraiment souhaité

Au centre du blocage figurent les allègements fiscaux hérités de la présidence du républicain George W. Bush. M. Obama veut les laisser expirer pour les foyers aux revenus supérieurs à 250'000 dollars par an, tandis que les républicains ne veulent pas entendre parler d'une hausse des taux d'imposition et visent surtout les dépenses pour réduire le déficit.

Paradoxalement, aucun camp n'a vraiment intérêt à la réussite des négociations en cours, dans cette énième crise depuis que les républicains ont pris le contrôle de la Chambre il y a deux ans.

Si le "mur budgétaire" se produisait, M. Obama obtiendrait la hausse des contributions pour les plus riches qu'il recherche. Et les républicains n'auraient plus qu'à voter après le 1er janvier de nouveaux allègements pour la classe moyenne, sans trahir leur promesse de ne pas augmenter les impôts.

"Il a tenu bon"

L'influent sénateur républicain Lindsey Graham a pris acte de cette situation dimanche sur Fox News. "Bravo au président. Il a tenu bon. Il va obtenir des hausses de taux d'imposition", a-t-il dit. Mais "la mauvaise nouvelle pour ce pays est que nous avons peu avancé (...) pour sortir de notre endettement", a-t-il ajouté.

Fait rare à l'avant-veille du Nouvel An, une session au Sénat s'est ouverte à 13h00 (19h00 en Suisse) et la Chambre lui a emboîté le pas une heure plus tard. Aucun vote ne devait avoir lieu avant 18h30 (00h30 lundi). En cas d'accord, les deux chambres devraient encore l'entériner dans les mêmes termes pour que M. Obama puisse le promulguer avant lundi soir.

Vendredi, M. Obama avait prévenu que si MM. Reid et McConnell ne parvenaient pas à trouver un compromis acceptable pour tous, il demanderait à M. Reid de présenter un texte de loi pour bloquer les hausses d'impôts automatiques et de le soumettre au vote, forçant ainsi les républicains à prendre la responsabilité d'un blocage. (afp/nxp)

Créé: 30.12.2012, 19h45

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