L’uppercut de Robert Mueller à Donald Trump

États-UnisLe procureur spécial sur l’ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine a inculpé 13 ressortissants russes et réveillé des questions sur la légitimité de l’élection

Le procureur spécial Robert Mueller.

Le procureur spécial Robert Mueller. Image: Keystone

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Le procureur spécial Robert Mueller a inculpé vendredi à Washington 13 ressortissants russes dans le cadre de son enquête sur l’ingérence de Moscou dans l’élection présidentielle américaine de 2016. L’ancien patron du FBI qui tente aussi de déterminer si Donald Trump a tenté de faire obstruction à la justice dans ce dossier, a réveillé ainsi des questions sur la légitimité de l’élection du milliardaire new-yorkais à la Maison-Blanche

Le président des Etats-Unis n’a cessé de remettre en doute la possibilité d’un complot du Kremlin pour influencer le résultat de l’élection présidentielle et l’a qualifiée de «supercherie». Il ne cache pas non plus depuis des mois son rejet de l’enquête menée par Robert Mueller. En détaillant les faits reprochés aux 13 Russes dans un acte d’accusation de 37 pages, le procureur spécial a néanmoins construit un dossier solide et s’est aussi probablement offert un peu de temps pour son enquête.

L’inculpation des 13 ressortissants russes dont Evgueni Prigozhine, un proche du président russe Vladimir Poutine, a incité Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des Représentants, à condamner «une attaque sinistre et systématique» contre le processus électoral américain. Le Sénateur républicain John McCain a pour sa part réclamé que la Russie «paie au prix fort» son «attaque contre l’Amérique».

Ces manifestations de soutien implicites de membres de la majorité républicaine au Congrès à Robert Mueller, accroissent le prix politique que Donald Trump aurait à payer s’il décidait de renvoyer le procureur spécial pour mettre fin à ce qu’il considère comme une «chasse aux sorcières» le visant. «La campagne Trump n'a rien fait d'illégal - pas de collusion», assuré le président des Etats-Unis sur Twitter. Le président a souligné que la Russie avait lancé son opération pour s’attaquer au système électoral américain en 2014, avant qu’il n’annonce sa candidature à la Maison-Blanche.

Usurpation d'identité

«Entre le début et la moitié de 2016, l’opération des prévenus consistait notamment à soutenir la campagne présidentielle du candidat de l’époque Donald Trump et à dénigrer Hillary Clinton», indique notamment l’acte d’accusation. L’offensive s’est déroulée sur plusieurs fronts, à commencer par les médias sociaux. Les prévenus russes ont aussi usurpé l’identité de citoyens américains pour organiser des réunions électorales en faveur de Donald Trump et acheter des publicités sur Internet. Cette démarche leur permettait de contourner la loi américaine interdisant à des ressortissants étrangers d’investir de l’argent pour influencer une élection fédérale aux Etats-Unis.

Comme le reconnaît Adam Schiff, un Représentant démocrate californien, Robert Mueller n’a accusé vendredi aucun des proches de Donald Trump d’avoir fait partie du complot en connaissance de cause. Le procureur spécial n’a toutefois pas exclu cette possibilité, précisant que les Russes avaient collaboré avec des «personnes connues et inconnues» des enquêteurs.

Robert Mueller a la preuve de nombreux contacts entre la campagne de Donald Trump et des gens liés de près ou de loin au Kremlin. Il a obtenu le plaider coupable de George Papadopoulos, un ancien conseiller de la campagne de Donald Trump, et celui du général Michael Flynn, l’ancien conseiller du président des Etats-Unis à la sécurité nationale. Les deux hommes ont reconnu avoir menti au FBI sur leurs contacts avec la Russie. Robert Mueller a aussi inculpé Paul Manafort, l’ancien chef de campagne de Donald Trump, et Rick Gates, l’associé de Paul Manafort. Selon CNN, Rick Gates serait sur le point de plaider coupable.

Risque de nouvelle ingérence

En parallèle à son enquête sur l’ingérence russe, Robert Mueller tente de déterminer si Donald Trump s’est rendu coupable d’obstruction à la Justice en licenciant l’année dernière James Comey, l’ancien patron du FBI qui enquêtait sur la Russie. Le procureur spécial a entamé des négociations avec les avocats du président américain pour tenter de pouvoir interroger Donald Trump dans cette affaire.

Malgré les inculpations visant les 13 ressortissants russes, les Etats-Unis se préparent à subir de nouvelles attaques de Moscou à l’occasion des élections législatives de novembre de cette année. «La Russie estime que ses efforts passés ont été couronnés de succès et considère les élections législatives comme une cible potentielle», a affirmé mardi au Congrès Dan Coats, le chef du renseignement américain. «Nos services n’ont trouvé aucune preuve d’un changement par rapport à l’année dernière». (24 heures)

Créé: 17.02.2018, 10h30

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