Le virus zika tourmente l’Amérique latine

EpidémiePropagée par un moustique, la maladie qui s’apparente à la dengue met en grand danger les femmes enceintes.

Le virus est transmis par le moustique Aedes aegypti.

Le virus est transmis par le moustique Aedes aegypti. Image: AP

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L’appel pourrait sembler singulier dans un pays catholique. Le gouvernement colombien a demandé mardi aux couples vivant dans le pays d’éviter les grossesses dans les prochains mois, en tout cas jusqu’à juillet 2016. Il a aussi conseillé aux femmes déjà enceintes et habitant au-dessus de 2200 mètres d’éviter de descendre en plaine. Motif de ces alertes: la propagation du virus zika, susceptible d’entraîner de très graves malformations congénitales.

Ce n’est que le dernier épisode en date dans la gradation de l’inquiétude qui s’est emparée du continent latino-américain face à l’épidémie. Une quinzaine de pays d’Amérique du Sud et des Caraïbes sont concernés, les Etats-Unis ont déconseillé aux femmes enceintes de se rendre dans tous ces pays. Le virus est par ailleurs aussi présent en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Ouest.

En soi, le virus transmis par le moustique Aedes aegypti ne présente pas un niveau de danger excessif, bien que trois personnes fragiles en soient mortes. Bien souvent, il n’y a pas de symptômes. Ou alors ils s’apparentent à ceux de la dengue (fièvre, maux tête, douleurs articulaires). En revanche, le virus est très dangereux pour le fœtus, puisqu’il peut entraîner une microcéphalie, soit une réduction de la taille de la boîte crânienne du bébé. Cette malformation ne se détecte qu’à six mois de grossesse.

Tous les pays ne sont pas à la même enseigne. Si le Mexique, par exemple, n’a répertorié que trois cas confirmés, la Colombie en est déjà à 11 000, dont 459 chez des femmes enceintes.

Débat sur l'IVG

Même inquiétude au Brésil où l’épidémie a relancé le débat sur l’avortement. Sous l’influence des puissantes Eglises catholique et évangélique, l’IVG est interdite au Brésil, sauf exceptions aux conditions drastiques. Parmi celles-ci, l’absence de cerveau du bébé. Mais la microcéphalie n’entre pas dans la définition des exceptions. D’où la détresse de femmes qui avortent clandestinement.

Le débat est d’autant plus vif sur l’opportunité ou non de réviser la loi que des chiffres donnent la mesure du problème. Les autorités sanitaires ont enregistré 3174 cas de microcéphalie en 2015, contre 147 en 2014 et 167 en 2013. La majorité des cas répertoriés concernent le nord-est du Brésil. Mais l’alerte sanitaire inquiète aussi Rio de Janeiro, ville qui doit accueillir les JO cet été et des milliers de visiteurs.

Créé: 20.01.2016, 16h41

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