Un vote pour déplacer un village menacé par la mer

Réchauffement climatique En Alaska, la localité de Shishmaref est peu à peu détruite par l’érosion, le sol n’étant plus protégé par la glace.

L'affaissement des habitations qui menacent de s'écrouler est l'une des conséquences du réchauffement climatique qui touche la région.

L'affaissement des habitations qui menacent de s'écrouler est l'une des conséquences du réchauffement climatique qui touche la région. Image: AFP

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Partir pour survivre. C’est le tragique destin de millions de personnes à travers le monde, chassées de leurs foyers par la guerre, les persécutions ou la misère. C’est aussi le sort qu’affrontent désormais les populations des territoires les plus menacés par le réchauffement climatique.

En Alaska, une région qui a enregistré une augmentation de la température de 4 °C au cours des trente dernières années, les habitants de Shishmaref étaient appelés aux urnes mardi, pour décider s’ils allaient déménager leur village, situé sur une île qui se meurt sous les coups de boutoir de la mer.

L’Arctique se réchauffe en effet deux fois plus vite que le reste de la planète. Et certains littoraux, n’étant plus protégés par le gel permanent des sols, dit permafrost, se font désormais manger par les vagues.

«Au cours des derniers trente-cinq ans, nous avons perdu entre 2500 et 3000 pieds de terres côtières (soit entre 760 et 915 mètres)», explique Esau Sinnok, natif du village, sur son blog hébergé par le site du Département de l’intérieur des Etats-Unis. «Ces quinze dernières années, nous avons dû déplacer treize maisons, dont celle de ma chère grand-mère Edna, d’un bout de l’île. Mais l’érosion va la faire complètement disparaître au cours des vingt prochaines années.»

Plutôt que de partir un par un vers diverses contrées, une bonne partie des 650 habitants de Shishmaref désirerait donc déplacer le village dans une zone plus sûre – à désigner ultérieurement – pour continuer à vivre ensemble.

Seulement, l’opération est extrêmement coûteuse: entre 180 et 200 millions de dollars, selon les estimations et le lieu choisi. Un premier vote sur le sujet avait d’ailleurs déjà eu lieu en 2002. La relocalisation du village avait alors été plébiscitée par 161 votants, contre 20 refus. Mais les fonds nécessaires n’ont jamais pu être réunis et la décision souveraine était restée lettre morte.

Entre-temps, une prise de conscience globale sur les conséquences du réchauffement climatique a eu lieu. Et un vote massif pourrait donner une nouvelle impulsion à la recherche de financements.

D’autres villages de la région sont dans des situations similaires. Selon un rapport officiel datant de 2009, 31 localités d’Alaska, principalement habitées par des Inuits, faisaient alors déjà face à une «menace immédiate». Et au moins douze d’entre elles avaient déjà exprimé leur souhait de relocaliser une partie au moins du village. Mais aucune n’a, pour l’heure, réussi à mener à bien cette entreprise.

C’est notamment le cas de Newtok, situé dans la toundra à quelque 600 kilomètres au sud de Shishmaref. Le village s’enfonce en effet dans la boue depuis que le permafrost fond inéluctablement. Ses habitants ont déjà voté pour un déplacement des maisons sur un sol plus ferme. Un emplacement a été choisi. Mais pour l’heure, seule une demi-douzaine d’habitations ont été relocalisées.

Créé: 17.08.2016, 20h41

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