Winston, ses 24 épouses et ses 148 enfants

CanadaFace à un fondamentaliste mormon, la Cour suprême de Colombie-Britannique décidait ce lundi du sort de la polygamie au Canada.

Mormon, Winston Blackmore a épousé 24 femmes lors de cérémonies de «mariage céleste».

Mormon, Winston Blackmore a épousé 24 femmes lors de cérémonies de «mariage céleste». Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Se souvient-il de tous les prénoms? Winston Blackmore, 61 ans, est accusé d’avoir épousé 24 femmes et engendré 148 enfants. C’est dire qu’au Canada, son procès ne passe pas inaperçu. Ancien leader d’une secte mormone, «The Fundamentalist Church of Jesus Christ of Latter Day Saints» (l’Eglise fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours), il a été condamné ce printemps pour polygamie par une cour de Colombie-Britannique. Saisie de l’affaire, la Cour suprême de cette même province devait décider dès ce lundi si la section 293 du Code pénal viole la liberté de religion. Mais l’avocat du géniteur prolifique a déjà annoncé qu’en cas d’échec il irait devant la Cour d’appel…

C’est à Bountiful, dans le sud-est de la province, que vit la communauté religieuse de 1500 âmes dont est issu Winston Blackmore, de même que son beau-frère James Oler, 53 ans, lui aussi poursuivi pour avoir épousé quatre femmes (une cinquième union a été célébrée au printemps en dépit du procès en cours). L’un et l’autre sont nés dans des familles polygames. Fils des fondateurs de cette secte lancée en 1946 suite à l’interdiction de la polygamie par l’Eglise mormone historique, ils en prirent ensuite la tête à différentes époques. La communauté a également des branches aux Etats-Unis, notamment à Colorado City (Arizona) et Hildale (Utah). Elle compterait quelque 10 000 fidèles.

Aux Etats-Unis justement, l’ancien leader de la secte Warren Jeffs a été condamné en 2011 à la prison à vie par une cour du Texas pour agressions sexuelles sur deux mineures qu’il avait prises pour épouses au cours d’un mariage «céleste».

Au Canada, même si le Code pénal condamne clairement la polygamie, les gens de Bountiful ont exploité, depuis les années 90, des ambiguïtés dans l’interprétation des textes légaux pour éviter toute condamnation. Mais en 2011, la Cour suprême de Colombie-Britannique a confirmé que la loi antipolygamie était bel et bien constitutionnelle. C’est pourquoi le procès en cours pourrait être historique. Les accusés risquent au maximum cinq ans de prison ferme.

Cela dit, l’arrêté de la Cour suprême de Colombie-Britannique a surtout valeur d’avis juridique, elle ne pèse pas autant qu’une décision de la Cour d’appel. Et nombre d’observateurs s’attendaient à ce que l’affaire finisse par être tranchée au plan national, par la Cour suprême du Canada.

(24 heures)

Créé: 24.07.2017, 19h41

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Les excès de zèle de Corsier pour naturaliser un étranger, paru le 25 juillet
(Image: Bénédicte) Plus...