Amnesty dénonce les crimes sud-soudanais

GuerreL'armée sud-soudanaise et ses milices alliées se sont livrées à de nouvelles atrocités contre des civils, selon Amnesty International.

Le conflit au Soudan du Sud ne trouve toujours pas d'issue depuis 2013.

Le conflit au Soudan du Sud ne trouve toujours pas d'issue depuis 2013. Image: Stefanie Glinski/AFP

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L'armée sud-soudanaise et ses milices alliées ont à nouveau frappé. De nouvelles atrocités contre des civils sont dénoncées par Amnesty International, dans un document publié ce mercredi.

L’offensive menée d'avril à début juillet dans le nord de ce pays en guerre civile, est jugé d'une «brutalité ahurissante», selon l'ONG. Dans le document intitulé «Tout ce qui respirait était tué: des crimes de guerre à Leer et Mayendit», Amnesty a compilé les témoignages de quelque 100 survivants.

Ceux-ci font état de civils tués aveuglément, pendus à des arbres et «écrasés par des véhicules blindés», mais aussi de viols, enlèvements et pillages. L'offensive contre cette zone de l'Etat d'Unité (nord) tenue par les rebelles a débuté fin avril et a duré jusqu'au début juillet. Soit, une semaine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu ayant précédé la signature le 12 septembre du dernier accord de paix en date - les précédents s'étant soldés par des échecs.

Le déferlement de violence qui s'est abattu sur les régions de Leer et Mayendit est un nouvel exemple des violences à caractère ethnique commises durant le conflit sud-soudanais, débuté fin 2013 deux ans et demi après l'indépendance et qui a fait des dizaines de milliers de morts et poussé des millions de Sud-soudanais à fuir leurs foyers.

Témoignages choquants

Les témoins cités par Amnesty International rapportent notamment l'usage de véhicules amphibies pour poursuivre les civils fuyant dans les marais et des tirs à l'aveugle dans les hautes herbes. Ils assurent également que les soldats, de l'ethnie dinka, celle du président Salva Kiir, rassemblaient des civils dans des habitations pour ensuite y mettre le feu.

«Il y avait aussi cinq enfants qu'ils ont frappés en les balançant contre un arbre, ils avaient deux ou trois ans. Ils ne veulent pas que les garçons vivent car ils savent qu'ils grandiront et deviendront des soldats», a raconté Nyaweke, 20 ans, citée dans le communiqué, qui a par ailleurs vu des soldats tuer son père.

D'autres survivants ont décrit un bébé tué par un soldat, qui l'a écrasé avec son pied. «De nombreuses femmes ont été violées», a ajouté l'ONG, citant des témoins évoquant des viols en réunion de jeunes filles de huit, 13 et 15 ans. Captives pendant parfois plusieurs semaines, «celles qui essayaient de résister étaient tuées». «Les Dinka attendaient en file pour nous violer», a déclaré une survivante.

Impunité critiquée

Amnesty International a par ailleurs dénoncé l'impunité dont bénéficient les auteurs de crimes depuis le début du conflit entre le président Kiir et son rival Riek Machar. L'ONG souligne que de nombreux appels à enquêter sur des crimes contre l'humanité et crimes de guerre ont été jusqu'à présent ignorés.

«Le seul moyen d'arrêter ce cycle vicieux de violence est de mettre un terme à l'impunité dont bénéficient les combattants sud-soudanais, quel que soit leur camp», conclut l'ONG.

Rare exemple de justice rendue au Soudan du Sud, dix soldats avaient été condamnés à de lourdes peines de prison le 6 septembre pour le meurtre d'un journaliste sud-soudanais et le viol de cinq travailleuses humanitaires étrangères. (ats/nxp)

Créé: 19.09.2018, 11h17

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