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Amnesty voit déferler «la haine de l’autre»

Dans son rapport annuel, l’ONG s’inquiète d’une montée de l’intolérance qui pousse aux crimes et réduit les droits fondamentaux.

Les discours de haine de dirigeants comme Trump, Erdogan, Duterte ou Orbán ont libéré des forces qui mettent à mal le respect de la personne, selon le rapport d'Amnesty.
Les discours de haine de dirigeants comme Trump, Erdogan, Duterte ou Orbán ont libéré des forces qui mettent à mal le respect de la personne, selon le rapport d'Amnesty.
AP

«En 2016, l’utilisation cynique de discours rejetant la faute sur les autres et distillant la peur et la haine a atteint des niveaux inégalés depuis le début des années 30.» Le constat de Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International, court sur toutes les pages du rapport annuel de l’ONG, publié mardi. Les discours de haine de dirigeants comme Donald Trump, Recep Tayyip Erdogan, Rodrigo Duterte ou Viktor Orbán ont libéré des forces qui mettent à mal le respect de la personne.

L’an passé, 36 pays ont ainsi violé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits sont menacés. Plusieurs gouvernements ont fermé les yeux sur des crimes de guerre, adopté des lois qui bafouent la liberté d’expression, justifié la torture ou la surveillance de masse, élargi les pouvoirs de la police, désigné des groupes humains entiers comme indésirables, voire comme des ennemis à abattre.

Cette haine de l’autre a fait des yézidis les victimes d’une entreprise génocidaire de la part de Daech en Irak. Elle a fait des rohingyas de Birmanie des parias. Elle a qualifié tous les Mexicains de criminels et tous les musulmans de terroristes sur les podiums de campagne de Donald Trump et d’autres leaders populistes.

«En 2016, les formes les plus pernicieuses de déshumanisation sont devenues une force dominante sur cette planète. Les limites de l’acceptable sont franchies. Des responsables politiques légitiment activement et sans honte toutes sortes de politiques et de discours fondés sur l’identité, tels que la misogynie, le racisme et l’homophobie», commente le secrétaire général de l’ONG. «Les premières cibles ont été les réfugiés. Mais si cette tendance se poursuit, d’autres seront dans le collimateur. Il en résultera des attaques fondées sur l’origine ethnique, le genre, la nationalité ou la religion», poursuit-il. Ce qui est déjà le cas dans nombre d’attentats.

En outre, Amnesty pointe que les crises actuelles seront exacerbées par «un ordre mondial plus agressif et conflictuel se substituant au multilatéralisme». Ce désordre mondial se manifeste dans une longue liste de crises qui durent en Syrie, au Yémen, en Libye, en Afghanistan, en Irak, au Burundi, au Soudan du Sud, en République centrafricaine. Le rapport annuel de l’ONG fait ainsi état de crimes de guerre commis dans au moins 23 pays l’an passé.

«Jusqu’où ces atrocités vont-elles aller avant que le monde ne se décide à intervenir?» s’interroge Amnesty dans un communiqué. En 2016, les horreurs en Syrie, les milliers de personnes tuées arbitrairement aux Philippines dans le cadre de la guerre contre la drogue, l’utilisation d’armes chimiques au Darfour n’ont provoqué aucune réaction de la communauté internationale.

Enfin, la liberté d’expression, elle aussi, recule, comme les autres droits, dans beaucoup de pays tenus par des hommes forts. La presse était récemment qualifiée «d’ennemi du peuple» par Donald Trump.

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