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Est de l'UkraineAprès un an de conflit, les caisses sont vides à Donetsk

A Donetsk, fief des rebelles prorusses qui a été le théâtre d'intenses combats, la plupart des grandes entreprises, qui rapportaient de l'argent et avaient fait de cette ville l'une des plus riches d'Ukraine, ont mis un terme à leurs activités.

Une habitante âgée de Donetsk venue retirer sa maigre pension.
Une habitante âgée de Donetsk venue retirer sa maigre pension.
AFP

Fermeture des banques et des entreprises, explosion du chômage, arrêt des aides de Kiev: après un an de conflit dans l'est de l'Ukraine, les territoires séparatistes de Donetsk et de Lougansk peinent à se financer eux-mêmes et survivent en partie grâce à la Russie.

A Donetsk, fief des rebelles prorusses qui a été le théâtre d'intenses combats, notamment dans son aéroport aujourd'hui en ruines, la plupart des grandes entreprises, qui rapportaient de l'argent et avaient fait de cette ville l'une des plus riches d'Ukraine, ont mis un terme à leurs activités.

Parmi elles, l'usine de métallurgie, qui embauchait 12'000 personnes ou bien les entreprises du groupe «Nord», qui produisaient des appareils ménagers et employaient 6800 employés.

Selon le maire de la ville, Olexandre Loukiantchenko, qui s'est réfugié à Kiev après la prise de pouvoir des rebelles, près de 350'000 personnes travaillaient avant la guerre dans de moyennes et grandes entreprises à Donetsk. «La moitié d'entre elles ont aujourd'hui perdu leur emploi et leur source de revenus», dit-il.

Dans le même temps, les caisses de la nouvelle «République populaire de Donetsk» (DNR) ont perdu une importante source de revenus: les impôts, auparavant prélevés à la source sur le salaire des employés. Les séparatistes ont bien créé un service des impôts, mais pour les entreprises, cela veut souvent dire être taxé deux fois: une fois du côté séparatiste, une autre fois du côté sous contrôle de Kiev.

Plus que la Russie

«De nombreuses grandes entreprises sont séparées de leur capacité de production par la nouvelle frontière de la région de Donetsk. C'est pourquoi elles sont obligées d'accepter une double imposition en Ukraine et en DNR», explique Iouri Makogon, professeur d'Economie à l'université de Donetsk.

Conscient du problème, le dirigeant de la DNR, Alexandre Zakhartchenko, mise sur le charbon, appelé à devenir la principale source de revenus du budget de la république. Mais en attendant, les séparatistes ont bien dû se reposer sur le seul partenaire possible: la Russie, juste de l'autre côté de la très poreuse frontière.

«L'export dans le Donbass a toujours été divisé en trois: un tiers allait à l'Est (dont 80% en Russie), un tiers allait vers l'Union européenne et un tiers vers le sud-est de l'Asie et l'Amérique du Nord. Mais aujourd'hui, la DNR n'a plus que la Russie car aucun des pays de l'UE, d'Asie ou d'Amérique ne la reconnaît et donc n'accepte sa production», explique M. Makogon.

Or, souligne-t-il, la Russie n'a pas besoin de charbon, qu'elle achète déjà à moindre frais en Extrême-Orient et dans le bassin du Kouzbass, en Sibérie occidentale.

De l'argent de Moscou

Avant le conflit, qui a fait dans l'est de l'Ukraine plus de 6000 morts, Donetsk dépensait des centaines de millions de hryvnias pour la santé, l'éducation et le secteur public, explique le maire Olexandre Loukiantchenko.

Or, «actuellement, il n'y a nulle part où trouver cet argent», notamment depuis que Kiev a cessé de financer en novembre les zones séparatistes et que les banques et distributeurs ont fermé, lance-t-il, accusant dès lors Moscou de financer les zones rebelles.

Un «fonctionnaire» de la DNR confirme ces propos: «Il est clair que cet argent vient directement de Moscou, et tous les flux sont contrôlés par l'administration présidentielle russe», déclare-t-il, sous couvert d'anonymat.

De son côté, le «ministre» du Budget de la DNR Alexandre Timofeev s'en tient à dire que les «revenus de la DNR, c'est une information classifiée». Selon les habitants interrogés par l'AFP, les nouvelles autorités n'ont payé qu'une seule fois les retraites, à hauteur de 1000 hryvnias (39 euros).

Retards de paiement

Plusieurs médecins et professeurs ont eux affirmé avoir reçu à deux reprises en 2014 des salaires d'un montant équivalent à 117 euros et 39 euros respectivement. Des chirurgiens, soignant les combattants blessés, ont dit de leur côté être payés entre 117 et 195 euros par mois.

«Avant la guerre, il y avait du retard dans les salaires mais pas tant que ça. Il pouvait y avoir un mois de retard ou un moins et demi, mais après on recevait tout», raconte Vladimir, un mineur de 40 ans, qui déplore désormais des retards de paiement bien plus longs.

«Pour l'instant, on ne m'a payé que le mois de décembre. Il faut donc faire des économies sur tout. On vit en grande partie grâce à nos produits faits maison et à notre potager», dit-il.

ats

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