Un anti-avortement au Conseil des droits de l'homme à Genève

Genève internationaleLa nomination d'Andrew Bremberg aura pris près d'un an. Des ONG ont écrit à la commission du Sénat pour tenter de l'empêcher.

L'ambassadeur américain Andrew Bremberg a présenté ses lettres de créance à Tatiana Volovaya, directrice générale de l'ONU-Genève.

L'ambassadeur américain Andrew Bremberg a présenté ses lettres de créance à Tatiana Volovaya, directrice générale de l'ONU-Genève. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Malgré la levée de boucliers de plusieurs ONG dont Human Rights Watch, le Sénat américain a nommé Andrew Bremberg au poste d’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU et des autres organisations internationales à Genève. Assermenté début novembre par le vice-président américain Mike Pence, il a présenté ses lettres de créances à Tatiana Valovaya, directrice générale de l'ONU à Genève le 12 novembre. Sa nomination par le président Trump remontait au 16 janvier mais le Sénat n'a finalement validé celle-ci que le 22 octobre dernier. Tandis que cette nomination intervient après trois ans de vacance à ce poste diplomatique américain à Genève.

Père de quatre enfants, diplômé des universités catholique de Steubenville dans l'Ohio et franciscaine de Washington DC, il a travaillé pour le ministère de la Santé de 2001 à 2009, comme analyste pour Mitre, une société sans but lucratif qui exploite plusieurs centres de recherche et de développement financés par le gouvernement fédéral, notamment dans le domaine de la défense et du renseignement, jusqu'en 2014, puis comme conseiller pour le patron de la majorité au Sénat avant de devenir adjoint au président et directeur du Conseil à la politique intérieure au sein du bureau exécutif du président Trump.

Des positions anti-avortement

Cet ancien conseiller de Donald Trump est connu pour ses opinions extrêmes sur les droits des femmes. «L’ambassadeur américain aux Nations Unies à Genève doit être en mesure de représenter pleinement les États-Unis dans les efforts mondiaux visant à défendre les droits des femmes, y compris les droits en matière de sexualité et de procréation, ainsi que d’autres défis humanitaires et sanitaires», écrit Human Rights Watch dans une lettre cosignée par 38 autres organisations adressées le 12 juillet 2019 aux membres de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain.

Ce qui inquiète la société civile, ce sont ses positions radicales sur les femmes et l’avortement. Lorsqu’il a été auditionné, Andrew Bremberg a déclaré qu’il ne soutenait pas les victimes de viol ayant eu recours à l’avortement. Il s’est également opposé à l’adoption d’une résolution de l’ONU sur la violence contre les femmes dans les conflits armés, car elle faisait référence à l’accès des victimes aux soins de santé sexuelle et reproductive.

«Refuser l’accès à l’avortement aux femmes et aux filles est une forme de discrimination et met en péril une série de droits fondamentaux. Les organes conventionnels des droits de l’homme des Nations Unies demandent régulièrement aux gouvernements de décriminaliser l’avortement dans tous les cas, de légaliser l’avortement dans certaines circonstances au minimum et de garantir l’accès à un avortement sans danger et légal», rappellait Human Rights Watch dans son courrier.

Désormais, Andrew Bremberg est en poste et la Genève des droits de l'homme devra faire avec.

Créé: 15.11.2019, 13h26

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 12 décembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...