Le calme est revenu sur la place Taksim

IstanbulLe Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a fait évacuer à deux reprises par la force dans la journée en prévenant qu'il n'aurait «plus aucune tolérance» envers leur mouvement.

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Le calme est revenu dans la nuit de mardi à mercredi sur la place Taksim, au centre d'Istanbul, après 20 heures d'affrontements entre policiers et manifestants, a constaté un journaliste.

Après les dernières échauffourées sur les rues donnant accès à la place, bastion de la contestation au Premier ministre Recep Tayyip Edrogan depuis le 31 mai, la police anti-émeute a tiré ses dernières salves de gaz lacrymogènes vers 2 heures du matin.

Peu avant 5 heures, alors que l'appel à la prière du muezzin montait dans les rues menant vers le Bosphore, plusieurs camions-poubelle achevaient de ramasser douilles de gaz lacrymogènes, détritus et restes des barricades qui, huit jours durant, ont bloqué tous les accès à la place Taksim et au parc Gezi, l'espace vert à l'origine de la fronde des manifestants.

Des camionnettes de la municipalité, munies de puissants balais-brosse, s'activaient sur toute la place tandis que les services de la voirie nettoyaient à la lance à incendie le bitume de la place.

Parc Gezi dans le noir

Les policiers et leurs véhicules blindés étaient regroupés devant le centre culturel Ataturk, un immense bâtiment noir qu'ils avaient repris mardi matin peu avant 8 heures en investissant la place Taksim en force. Au pied du monument de l'Indépendance, à l'autre bout de la place, plusieurs unités de policiers se reposaient ou dormaient.

La célèbre rue Istiqlal, théâtre d'affrontements dans la soirée, était également vidée de ses manifestants et les vendeurs de sandwichs toujours ouverts. Certains policiers s'y restauraient. Le parc Gezi, où les manifestants avaient subi quelques heures plus tôt des tirs nourris de gaz lacrymogènes, était plongé dans le noir et le silence. Seuls quelques manifestants surveillaient le ballet du nettoyage de la place.

Plusieurs milliers de manifestants occupent toujours le parc Gezi. Des représentants du mouvement de contestation doivent rencontrer dans la journée le leader turc.

Ce dernier arrive en position de force aux discussions après avoir fait étalage de la fermeté de ses policiers pour reprendre le contrôle de la place. Deux opérations coup de poing, des heures d'affrontements et l'usage de gaz lacrymogènes et de puissants canons à eau ont été nécessaires pour déloger les manifestants qui répliquaient en jetant pierres, bouteilles et cocktails molotov et en tirant des fusées de feux d'artifice.

A Ankara, des échauffourées ont également troublé une partie de la nuit.

(ats/nxp)

Créé: 12.06.2013, 06h57

Hôpital de campagne

Le parc Gezi à Istanbul, aux premières loges des affrontements mardi soir entre la police et les manifestants qui réclament la démission du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, s'est transformé en hôpital de campagne, a constaté un journaliste de l'AFP. Si les policiers antiémeute ont pris le contrôle de la place Taksim adjacente à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau, ils ne sont pas entrés dans le parc, d'où était parti le 31 mai la fronde contre le gouvernement.

Malgré les nuages de gaz lacrymogènes qui l'ont envahi, de nombreux blessés affluent dans un des quatre centres de premier soin qui y ont été installés.L'arrivée de blessés «urgents», portés sur des brancards de fortune est annoncée par un coup de sifflet.

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