Le nucléaire a un nouveau gendarme mondial

Nucléaire Le Conseil des Gouverneurs a sélectionné le Sud-Américain Rafael Grossi, 58 ans, au poste de directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Rafael Grossi est le premier représentant de l'Amérique du Sud amené à diriger l'AIEA.

Rafael Grossi est le premier représentant de l'Amérique du Sud amené à diriger l'AIEA. Image: AFP

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L'Argentin Rafael Grossi a été élu mardi à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), selon deux ambassadeurs accrédités auprès de l'ONU à Vienne. L'AIEA est notamment en charge du contrôle des activités nucléaires de l'Iran.

«Un pas décisif»

«Le Conseil des Gouverneurs de l'AIEA a sélectionné le candidat argentin Rafael Grossi pour la fonction de Directeur général de l'AIEA» a écrit l'ambassadeur russe Mikhail Ulyanov sur son compte Twitter. «Avec Rafael Grossi obtenant une majorité qualifiée au Conseil des gouverneurs, l'AIEA a fait un pas décisif dans l'élection de son directeur général», peut on également lire sur le compte Twitter de l'ambassadeur français Xavier Sticker.

Selon une troisième source diplomatique, Rafael Grossi, âgé de 58 ans, a obtenu 24 voix. Le Roumain Cornel Feruta, qui assurait l'intérim à la tête de l'Agence et était également candidat, en a recueilli 10.

Le directeur général de l'AIEA est sélectionné par le Conseil des Gouverneurs, avant d'être confirmé formellement dans ses fonctions par l'Assemblée générale de l'AIEA. La date de la prochaine réunion des 171 Etats membres de l'Agence n'est pas encore connue.

«Très ferme, mais très juste»

L'Argentin succède au Japonais Yukiya Amano, mort en juillet à 72 ans, alors qu'il dirigeait l'organisme onusien depuis 2009. Il prend la tête de l'institution, alors que l'AIEA, basée à Vienne en Autriche et souvent qualifiée de «gendarme du nucléaire», endosse une responsabilité de plus en plus stratégique face à l'Iran.

Depuis mai, Téhéran se désengage de l'accord nucléaire signé en 2015 à Vienne avec les Européens, les États-Unis, la Russie et la Chine. Cet accord plaçait le programme nucléaire iranien sous un strict contrôle international, en autorisant le droit aux inspections les plus poussées jamais accordé à l'AIEA.

Le président américain Donald Trump a retiré unilatéralement son pays de cet accord en mai 2018 et réimposé des sanctions sur l'économie iranienne, provoquant une escalade des tensions entre les deux pays.

Premier représentant de l'Amérique du Sud amené à diriger l'AIEA, Rafael Grossi affirmait dans un entretien en septembre vouloir «protéger l'AIEA comme instrument» qu'il convient de ne pas «politiser».

Éthique irréprochable

Ancien employé de l'Agence et ambassadeur argentin auprès des organisations internationales à Vienne depuis 2013, Rafael Grossi est un expert des questions nucléaires.

«Je pense qu'il sera du genre à faire bouger les choses un petit peu plus», explique un diplomate, qui décrit l'Argentin comme un gros travailleur et un homme engagé. «Son éthique professionnelle est irréprochable».

Le rétablissement des sanctions américaines prive l'Iran des retombées économiques qu'il attendait de l'accord. Le texte prévoit en effet la levée d'une partie de l'embargo international qui lui est imposé en échange d'une limitation drastique de son programme nucléaire devant garantir que le pays ne se dotera pas de l'arme atomique.

En réduisant progressivement ses engagements, Téhéran entend faire pression sur les autres États parties à l'accord pour qu'ils l'aident à contourner les restrictions américaines et, en premier lieu, à exporter son pétrole.

Les discussions sur le programme nucléaire iranien ont commencé en 2011, suite à la publication par Yukiya Amano d'un rapport confirmant pour la première fois l'existence d'un programme nucléaire à destination militaire en Iran, malgré les dénégations de la République islamique.

Les occidentaux s'étaient basés sur ses conclusions pour pousser la Russie et la Chine à réclamer de Téhéran l'arrêt de ces activités clandestines, effectuées en violation du droit international. (ats/nxp)

Créé: 29.10.2019, 13h57

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