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Armée kosovare: Serbie et Kosovo s'opposent

Les présidents de la Serbie et du Kosovo ont campé lundi sur leurs positions lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU s'est tenue lundi. (17 décembre 2018)
Une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU s'est tenue lundi. (17 décembre 2018)
AFP

Chacun à un bout de table, les présidents de la Serbie et du Kosovo, Aleksandar Vucic et Hashim Thaci, ont campé lundi sur leurs positions lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Celle-ci suit la décision de Pristina de créer une armée kosovare.

«Je suis très inquiet. J'ai même un peu peur de l'avenir, pour l'avenir, non seulement pour mon peuple, mon pays la Serbie, mais pour l'ensemble de la région», a déclaré le président serbe lors d'une longue intervention empreinte de gravité mais qui est restée mesurée.

La Serbie avait demandé cette réunion avec le soutien de la Russie. Elle a réclamé un engagement accru de l'ONU dans le dialogue initié en 2012 par les deux parties sous l'égide de l'Union européenne.

«L'armée du Kosovo va contribuer à la stabilité de la région», «elle ne sera jamais une menace», a promis le président kosovar Hashim Thaci. «Nous sommes prêts pour le dialogue» et «si nous ne saisissons pas ce moment historique, toutes les parties en souffriront», a-t-il dit.

Divergences

Face à ce duo, à la présence commune rare au Conseil de sécurité, ses membres ont affiché leurs divergences. En dénonçant «une violation gravissime de la résolution 1244» de 1999 sur les forces de sécurité autorisées au Kosovo, la Russie a agité la menace d'une «situation qui risque d'exploser à tout moment». «Si des unités pénètrent dans des zones serbes, Belgrade les défendra», a averti l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia.

Les Etats-Unis ont réaffirmé leur soutien à une transformation des forces de sécurité kosovares représentant toutes les communautés kosovares. La Chine a demandé aux deux parties de s'abstenir de toute rhétorique alimentant les tensions.

Dans une déclaration diffusée avant la réunion, les membres européens du Conseil ont appelé au «dialogue». Il est «essentiel» que la Serbie et le Kosovo s'engagent à travailler à «un accord de normalisation complet et juridiquement contraignant» et créent «les conditions permettant de reprendre dès que possible le dialogue facilité par la Haute représentante de l'Union européenne», précise leur texte.

De son côté, l'OTAN avait jugé vendredi la création de l'armée kosovare nuisible aux efforts pour faire baisser la tension entre Pristina et la Serbie. Depuis la guerre entre forces serbes et rebelles kosovars albanais (1998-99, plus de 13'000 morts), la sécurité et l'intégrité territoriale du Kosovo sont garanties par la Kfor, une force internationale menée par l'OTAN.

Indépendance

Effectuant surtout des missions de sécurité civile, la future armée du Kosovo KSF sera chargée d'«assurer l'intégrité territoriale du pays», «de protéger la propriété et les intérêts de la République du Kosovo, d'apporter un soutien militaire aux autorités civiles en cas de catastrophe, et de participer à des opérations internationales», selon la loi kosovare adoptée vendredi.

Aujourd'hui forts de 2500 membres, les effectifs de la KSF doivent passer à 5000, plus 3000 réservistes. Le Kosovo a déclaré son indépendance en 2008 et assure être reconnu par quelque 115 pays. Ce chiffre est contesté par la Serbie qui ne reconnaît pas l'indépendance de son ex-province. Quelque 120'000 Serbes vivent toujours sur le territoire kosovar. Leur fidélité va à Belgrade et ils ne reconnaissent pas l'autorité de Pristina.

(ats)

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