La Turquie mène une opération militaire en Syrie

Syrie L'armée turque a lancé une offensive terrestre et aérienne dans l'enclave d'Afrine aux mains d'une milice kurde.

L'enclave d'Afrine visée par l'opération de l'armée turque est tenue par une milice kurde. (Photo d'illustration)

L'enclave d'Afrine visée par l'opération de l'armée turque est tenue par une milice kurde. (Photo d'illustration) Image: AFP

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La Turquie a lancé samedi une offensive terrestre et aérienne contre une milice kurde considérée comme une organisation terroriste dans le nord de la Syrie. Dans la soirée, la milice kurde qui contrôle la région d'Afrine a rapporté la mort de dix personnes, pour la plupart des civils.

L'opération, baptisée «Rameau d'olivier», a débuté à 15h00, a annoncé l'armée turque, promettant qu'elle serait menée «en respectant l'intégrité territoriale de la Syrie». Parmi les cibles figurent notamment l'aéroport militaire de Minnigh, selon l'agence de presse turque Anadolu, qui évoque au total 108 cibles touchées.

«L'opération Afrine a commencé de facto sur le terrain», avait déclaré plus tôt le président turc Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé, citant le nom de l'enclave contrôlée par les Kurdes.

«Ensuite, ce sera Minbej», a-t-il ajouté, en référence à une ville syrienne sous contrôle kurde située plus à l'Est. «Plus tard, étape par étape, nous débarrasserons notre pays jusqu'à la frontière irakienne de cette croûte de terreur qui essaye de nous assiéger».

Afrine est tenue par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée par Ankara comme une organisation terroriste mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). La perspective d'une offensive turque de grande envergure en Syrie préoccupe Washington.

Un correspondant de l'AFP se trouvant sur le côté turc de la frontière turco-syrienne a vu deux avions de combat procéder samedi à des frappes côté syrien, provoquant d'énormes panaches de fumée dans le ciel en début de soirée. La Turquie a déclaré qu'elle tenait le président syrien Bachar el-Assad informé de son offensive.

Inquiétude russe

Ankara accuse les YPG d'être la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie depuis plus de trente ans et est considéré par Ankara et ses alliés occidentaux comme une organisation terroriste.

Mais les YPG ont aussi été un allié incontournable des Etats-Unis, partenaires de la Turquie au sein de l'OTAN, dans la guerre contre le groupe Etat islamique. Elles ont joué un rôle majeur dans l'éviction des djihadistes de tous leurs principaux fiefs de Syrie.

Face à cette offensive turque, la Russie s'est déclarée samedi «préoccupée» et a appelé à la «retenue» et ses militaires déployés dans la zone d'Afrine ont quitté leurs positions pour «empêcher d'éventuelles provocations» ou menaces à leur encontre.

«Intérêt légitime»

Des mesures prises en raison notamment des propos du ministre adjoint des Affaires étrangères syrien, Fayçal Mekdad. Il avait affirmé jeudi que l'aviation syrienne abattrait tout appareil militaire turc s'aventurant dans son espace aérien.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a indiqué samedi que son pays tenait le président syrien Bachar el-Assad informé «par écrit» de son offensive. Mais le régime syrien a nié avoir été informé par Ankara de cette opération militaire, condamnant une «brutale agression de la Turquie sur Afrine, qui est une partie intégrante du territoire syrien».

La Grande-Bretagne a, de son côté, estimé que la Turquie avait un «intérêt légitime» à assurer la sécurité de ses frontières.

Le chef de l'armée turque, le général Hulusi Akar, et celui des services de renseignement Hakan Fridan se sont rendus à Moscou jeudi pour des entretiens. Selon Moscou, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov s'est aussi entretenu samedi au téléphone avec son homologue américain Rex Tillerson et ils ont évoqué «les mesures visant à assurer la stabilité dans le nord» de la Syrie.

L'opération turque est considérée avec inquiétude par Washington qui a soutenu les YPG dans leur lutte contre l'EI. «Nous ne pensons pas qu'une opération militaire (...) aille dans le sens de la stabilité régionale, de la stabilité de la Syrie, ou de l'apaisement des craintes de la Turquie pour la sécurité de sa frontière», a averti vendredi un haut responsable du département d'Etat.

Colère d'Erdogan

M. Erdogan a réagi avec colère, cette semaine, à l'annonce d'un plan pour constituer une force de 30'000 hommes, provenant en partie des YPG, sous l'égide des Etats-Unis pour protéger la frontière nord de la Syrie. Il a qualifié ce projet de force d'«armée de la terreur».

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a répondu que «la totalité de la situation a été mal rapportée, mal décrite», tout en admettant «devoir des explications» à la Turquie.

Par ailleurs, l'armée gouvernementale syrienne et ses alliés se sont emparés samedi d'une base aérienne située dans la province d'Idlib, prolongeant ainsi leur offensive dans le principal bastion rebelle du pays, a rapporté la télévision d'Etat. (afp/nxp)

Créé: 20.01.2018, 13h54

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