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Moyen OrientL'armée US annonce quitter l'Irak... puis se rétracte

Washington a, dans un premier temps, dévoilé sa volonté de retirer ses troupes du sol irakien avant de reconnaître une erreur.

Soldats américains photographiés à Bagdad le 31 décembre 2019.
Soldats américains photographiés à Bagdad le 31 décembre 2019.
AFP

La lettre émanant du commandement militaire américain en Irak, prévenant Bagdad d'un redéploiement des forces américaines, est authentique mais a été envoyée par erreur, a déclaré lundi le chef d'état-major américain, le général Mark Milley.

«C'était un projet (de lettre) non signé», envoyé à quelques leaders militaires irakiens parce que les mouvements de troupes américaines en Irak se sont accrus ces derniers jours, a expliqué à la presse le général Milley. Mais «il n'aurait jamais dû être envoyé», a-t-il ajouté. «C'est une erreur commise en toute bonne foi».

Bagdad avait annoncé un peu plus tôt que l'armée américaine lui avait annoncé préparer son retrait dans une lettre signée du général William H. Seely, commandant des opérations militaires américaines en Irak.

«Aucune décision n'a été prise de quitter l'Irak»

Dans ce projet de lettre, le général Seely expliquait au commandement militaire irakien que Washington était en train de «repositionner» les forces de la coalition antijihadistes dans le but d'«un retrait de l'Irak de manière sécurisée et efficace». Ce paragraphe «est mal formulé», a ajouté le général Milley. Cela «implique un retrait. Ce n'est pas ce qui se passe.»

Selon le chef du Pentagone Mark Esper, les États-Unis redéploient leurs troupes en Irak mais ne quittent pas le pays. «Aucune décision n'a été prise de quitter l'Irak. Point», a déclaré à la presse le ministre américain de la Défense. «Cette lettre ne correspond pas à notre état d'esprit aujourd'hui».

Les États-Unis comptaient 5200 soldats en Irak, jusqu'à l'arrivée la semaine dernière de plusieurs centaines d'autres pour protéger l'ambassade dans la Zone verte --un quartier ultrasécurisé de Bagdad-- attaquée mardi par des milliers de pro-Iran.

Lors d'une séance extraordinaire en présence du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi, le Parlement irakien a demandé dimanche au gouvernement de «mettre fin à la présence des troupes étrangères» en Irak. Mais la motion du parlement, adoptée à main levée par les 168 députés présents, sur 329, n'est pas contraignante et le gouvernement irakien n'a pour le moment pas donné suite.

«Nous respecterons les lois sur les conflits armés»

Le ministre américain de la Défense a mis en doute la légitimité de ce vote. «Aucun des Kurdes n'a participé, la quasi-totalité des sunnites n'a pas participé et beaucoup de chiites ont participé sous la menace», a déclaré Mark Esper.

«Les Irakiens ne veulent pas que nous partions», a-t-il assuré. «Ils savent que les États-Unis sont là pour les aider à devenir un pays souverain, indépendant et prospère. Ce ne sont pas les intentions de l'Iran. L'Iran veut les contrôler et en faire un État supplétif». Le chef du Pentagone a cependant pris ses distances avec les menaces du président Donald Trump contre des sites culturels iraniens.

«Nous respecterons les lois sur les conflits armés», a-t-il répondu alors qu'on lui demandait si le Pentagone était prêt à prendre des sites culturels pour cible. «Cela veut dire non, parce que prendre un site culturel pour cible est un crime de guerre», lui a dit une journaliste. «C'est la loi sur les conflits armés», a acquiescé Mark Esper.

ats

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