Un artiste américain plagie des photos de l'apartheid

Afrique du SudLe photographe américain Hank Willis Thomas a créé une controverse en étant accusé de s'approprier des photos de l'apartheid.

Une photographie de Graeme Williams prise à Johannesburg en 1991 et copiée par le photographe américaine Hank Willis Thomas

Une photographie de Graeme Williams prise à Johannesburg en 1991 et copiée par le photographe américaine Hank Willis Thomas Image: Graeme Williams

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Un artiste américain respecté est accusé de plagiat en Afrique du Sud pour avoir utilisé plusieurs photos emblématiques de la lutte contre l'apartheid qu'il a «revisitées» en estompant principalement leurs couleurs.

Lors d'une exposition à Johannesburg, le photographe sud-africain Graeme Williams est tombé nez à nez sur une de ses photos prises en 1990, l'année de la libération du héros de la lutte contre le régime raciste blanc Nelson Mandela.

Un choc

«J'étais vraiment sous le choc de trouver une de mes photos attribuées» à l'Américain Hank Willis Thomas, a-t-il expliqué vendredi à l'AFP. «En blanchissant légèrement l'image», il «a tenté de s'attribuer cette photo», a-t-il dénoncé.

Graeme Williams a obtenu que l'oeuvre, proposée au prix de 36'000 dollars (31'000 euros), soit retirée de l'exposition, mais seulement le lendemain, a-t-il regretté.

D'autres photos copiées

Des clichés pris notamment par le Britannique Ian Berry, de l'agence Magnum, lors du massacre de Sharpeville en 1960 et par le Sud-Africain Jan Hamman en 1977 à Soweto ont également été retravaillés par l'artiste américain. Ils étaient exposés pour la Joburg Art Fair qui s'est tenue dans la capitale économique sud-africaine du 7 au 9 septembre.

«Insultant», «irrespectueux», «du vol», ont réagi de nombreux photographes sur les réseaux sociaux.

Graeme Williams a demandé que l'oeuvre réalisée à partir de sa photo soit détruite. Hank Willis Thomas a de son côté proposé de lui confier son oeuvre pendant un an, ce que le photographe a poliment décliné. «J'ai ma propre version», a-t-il répondu en riant.

Revisiter l'histoire

Hank Willis Thomas, 42 ans, s'est défendu en expliquant avoir travaillé «des documents historiques qui ont été distribués dans le monde entier». «J'essaie de les revisiter avec un regard du XXIe siècle (...) Il n'y a rien d'historique qui ne peut être revisité», a-t-il estimé à l'AFP.

Les oeuvres, présentées par la très prestigieuse galerie Goodman, sont désormais entreposées dans les locaux de la galerie à Johannesburg. «Nous sommes actuellement en discussion avec l'artiste pour déterminer la suite», a précisé à l'AFP l'attaché de presse de Goodman, Robin Scher.

Question du droit des images

La galerie a nié que les auteurs des clichés n'avaient pas été mentionnés. «Des documents» précisant le nom des photographes étaient «à la disposition des visiteurs» qui en faisaient la demande auprès de la galerie, a expliqué Robin Scher.

Les œuvres de Hank Willis Thomas «soulèvent la question de la propriété des images et leur appropriation, ce qui dans ce cas reste un domaine contesté sur lequel l'artiste est ouvert à une discussion», selon M. Scher

(afp/nxp)

Créé: 14.09.2018, 18h01

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