Chars et hélicoptères dans les combats à Damas et Alep

Guerre civile en SyrieLes soldats syriens, appuyés par des chars et des hélicoptères, livraient bataille dimanche aux rebelles pour reprendre des quartiers de Damas et d'Alep. Aux frontières, la situation inquiète les pays voisins.

Vidéo: Reuters

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Au moins 94 personnes ont été tuées dans les violences dimanche, dont 70 civils, selon un bilan invérifiable de l'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme (OSDH) qui a annoncé que plus de 19'000 personnes avaient péri en 16 mois de révolte.

Dans la capitale syrienne, où le régime a jeté ses unités d'élite dans la bataille selon des militants, l'armée a lancé une offensive contre les quartiers de Barzé (nord-est), Roukneddine (nord) et Mazzé, (ouest). Les autorités ont en outre annoncé que l'armée avait «nettoyé» le quartier de Qaboune (est) et qu'un grand nombre de «terroristes» y avait été tué.

La télévision d'Etat a diffusé des images de corps de rebelles tués selon elle à Qaboun et a affirmé que certains étaient Egyptiens et Jordaniens en montrant ce qu'elle a présenté comme leurs cartes d'identité.

Selon l'OSDH, des dizaines de corps jonchaient encore les rues de certains quartiers de Damas, les rebelles ne pouvant les récupérer en raison de la présence de l'armée. Des centaines de soldats sont ainsi déployés, selon l'OSDH, dans le quartier de Mazzé.

«Libération» freinée?

Les forces régulières, appuyées par des chars et des hélicoptères, ont également pris pied dans Barzé, selon l'OSDH qui a fait état du retrait des combattants rebelles et d'un exode massif des habitants.

Selon un militant s'identifiant par le nom d'Abou Omar, joint via Skype par l'AFP, l'armée se bat également dans le quartier de Roukneddine, à forte composante kurde, et les autorités ont lancé des tracts appelant les habitants à l'évacuer.

Les rebelles se battent depuis près d'une semaine pour la «libération» de Damas, mais l'armée a répliqué vendredi par une contre-offensive qui lui a permis notamment de reconquérir le quartier de Midane.

Dimanche, l'ASL, composée de déserteurs et de civils armés, a appelé à la «libération» d'Alep et s'est engagée à y protéger les minorités, notamment chrétiennes et alaouites.

Dans une vidéo postée sur YouTube, le colonel Abdel Jabbar al-Okaidi, commandant du conseil militaire de l'ASL pour la province d'Alep (nord), a affirmé que l'ASP avait jusqu'à présent «réussi à libérer la plupart des positions aux alentours d'Alep».

Un nouveau front s'était ouvert vendredi dans cette ville, capitale économique de la Syrie, et des combats y opposent depuis plusieurs jours l'armée régulière à l'ASL qui a notamment pris le contrôle du quartier de Salaheddine.

Selon un militant, l'ASL tient en outre partiellement les quartiers de Sahour (est), Hanano (est) et Sayf al-Dawla. L'agence officielle syrienne Sana a pour sa part affirmé que les forces armées «pourchassent depuis dimanche matin les terroristes à Alep».

Des combats ont été également signalés dans l'est du pays, à Deir Ezzor et dans la localité de Boukamal, proche de la frontière avec l'Irak, ainsi qu'à Homs, dans le centre du pays, un des principaux foyers de la contestation.

Le pouvoir veut se montrer stable

Un militant du Golan qui s'est identifié comme Abou Mohamed a indiqué au téléphone à l'AFP que les forces du régime bombardaient depuis l'aube la localité de Jabata al-kachab, limitrophe du Golan occupé par Israël, où des déserteurs et des rebelles se sont regroupés.

Dans une tentative de montrer la stabilité du pouvoir, le Premier ministre Riad Hijab a affirmé devant le parlement que la «priorité» de son gouvernement formé le 23 juin était la préservation de la sécurité.

Et quatre jours après l'attentat qui a tué quatre hauts responsables de l'appareil de répression, le président Assad a reçu le général Ali Ayoub, nouveau chef d'état-major de l'armée. Ce dernier remplace Fahd al-Freij, nommé ministre de la Défense après la mort dans l'attentat du général Daoud Rajha.

Tensions aux frontières

La situation aux frontières de la Syrie, dont les points d'entrée sont disputés entre l'armée syrienne et les groupes rebelles, suscite l'inquiétude dans les pays voisins, à l'instar d'Israël qui craint que des armes chimiques syriennes tombent aux mains du parti chiite Hezbollah ou de la Jordanie qui veut empêcher «toute sorte d'infiltrations» sur son territoire.

La Turquie, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés, a renforcé son dispositif le long de la frontière en déployant des batteries de missiles sol-air à Mardin (sud-est). La police turque a par ailleurs réprimé à coups de grenades lacrymogènes et de matraques les Syriens qui leur jetaient des pierres pour protester contre leurs conditions de vie dans le camp de réfugiés.

A l'heure actuelle, les rebelles contrôlent un poste-frontière vital avec l'Irak, et trois avec la Turquie.

Sur le front diplomatique, la capitale du Qatar accueillait en soirée une réunion ministérielle du comité arabe de suivi sur la Syrie, le pouvoir du président Bachar al-Assad étant de plus en plus fragilisé après les violents combats à Damas et la mort la semaine dernière de quatre de ses proches collaborateurs. (afp/nxp)

Créé: 22.07.2012, 15h39

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