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Nucléaire iranien: les négociations prolongées

La Maison-Blanche a fait état de «réels progrès» mais des désaccords persistent.

Le président iranien Hassan Rohani (droite) avait promis de parvenir à un accord lors de son élection en juin 2013. Ici, avec le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif.
Le président iranien Hassan Rohani (droite) avait promis de parvenir à un accord lors de son élection en juin 2013. Ici, avec le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif.
AFP

Les acteurs des négociations sur le nucléaire iranien ont jeté lundi 13 juillet toutes leurs forces dans la bataille pour finaliser un accord historique. Mais tout près du but, ce scénario leur échappait encore à quelques heures de la date butoir et les discussions vont se poursuivre.

Iran, Etats-Unis, Allemagne, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Union européenne: aucun chef de la diplomatie ne manquait à l'appel au 17e jour de pourparlers à Vienne.

S'ils ont «fait de réels progrès», il reste «des points de désaccord qui ne sont pas résolus», a dit dans la soirée Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama.

Depuis deux jours, tous les acteurs assurent que l'accord est quasi bouclé - à «98 %» selon un diplomate. Mais il faut encore des «décisions politiques» pour résoudre deux ou trois points de friction, affirment-ils à l'unisson.

Appel évoqué par Pékin

«Si les conversations continuent à être utiles, l'équipe de négociation restera à Vienne», a souligné le porte-parole de la Maison Blanche. Selon elle, l'Iran doit encore «prendre certaines décisions difficiles». Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif s'est de son côté dit prêt à négocier «aussi longtemps que nécessaire».

Mais selon Pékin, il faut cesser de tergiverser. «Aucun accord ne peut être parfait», a dit le ministre Wang Li. «Les conditions sont déjà en place pour atteindre un bon accord» et «il ne doit pas y avoir de nouveaux délais», a-t-il dit.

Téhéran et les grandes puissances tentent de refermer un dossier qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

L'Iran est soupçonné d'avoir mis en oeuvre, jusqu'en 2003 et peut-être au-delà, un programme nucléaire militaire sous couvert d'activités civiles, ce qu'il a toujours nié.

Discussions récentes

Depuis une dizaine d'années, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU imposent des sanctions à la République islamique pour la forcer à négocier.

Les pourparlers n'ont vraiment commencé qu'en 2013, après l'élection du président Hassan Rohani sur la promesse d'une levée des sanctions.

Les négociateurs ont obtenu récemment à l'arraché un accord-cadre qui a fixé les grands principes du texte final. L'Iran a notamment accepté de réduire le nombre de ses centrifugeuses et son stock d'uranium enrichi, ce qui doit rendre quasi impossible la fabrication rapide d'une bombe atomique.

L'accord-cadre renvoyait les modalités pratiques à des discussions ultérieures, censées se terminer le 30 juin. L'échéance a été reportée à trois reprises et la dernière date butoir était prévue jusqu'à lundi.

Divisés

Lundi, un message faisant état d'un accord est brièvement intervenu sur le compte Twitter de Hassan Rohani. Il a ensuite été retiré pour revenir un peu plus tard au conditionnel.

Autre indice montrant qu'un épilogue est en vue, le ministre iranien de l'Intérieur a demandé aux autorités locales de se préparer à des scènes de liesse dans les rues. La population souhaite que la levée des sanctions internationales permette une amélioration de ses conditions de vie en cas d'accord.

Les discussions se sont prolongées en raison de désaccords sur la durée de l'accord, le rythme de la levée des sanctions ou l'accès aux sites militaires iraniens.

Les négociations ont également buté sur la levée de restrictions sur le programme balistique et le commerce des armes, réclamée par Téhéran avec le soutien de Moscou.

Etats pas contents

Les Occidentaux estiment cette demande délicate en raison de l'implication iranienne dans plusieurs conflits, en particulier en Syrie et en Irak.

Les voisins de l'Iran, notamment Israël et les puissances sunnites, s'opposent d'ailleurs à un accord qui ouvre la voie à une normalisation pour Téhéran sur la scène internationale.

Aux Etats-Unis, où le souvenir de la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran en 1980 reste vivace, l'accord rencontre aussi une forte opposition.

(ats)

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