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L’ascension de l’Everest compte un piège de plus

Alors que le Toit du Monde compte ses morts, l’hypothèse semble se confirmer que le ressaut Hillary, passage mythique, s’est effondré à cause du séisme de 2015.

Le camp de base de l'Everest.
Le camp de base de l'Everest.
Keystone

Le froid intense, des organes qui tournent au ralenti, la désorientation… Nombre de ceux qui ont tenté l’assaut du Mont Everest ont raconté cette sensation de tutoyer la mort une fois franchie la barre des 8000 mètres. Sans compter les difficultés plus inattendues: les embouteillages d’alpinistes et la rencontre avec les cadavres qui parsèment les voies d’accès… Selon certains récits, le désir d’atteindre le Toit du Monde peut aisément se transformer en expérience insensée.

Ce week-end l’a encore démontré, avec la mort de trois alpinistes à l’Everest - un Américain, un Australien, un Slovaque -, tous âgés de 50 ans et plus et vraisemblablement décédés du mal des montages. S’ajoute la disparition d’un quatrième alpiniste, un Indien. Et alors que l’Everest compte ses morts, il semble se confirmer qu’un piège supplémentaire s’est façonné sur la voie sud (népalaise). Selon les témoignages d’alpinistes qui viennent de réaliser l’ascension, le ressaut Hillary, une barrière rocheuse de 12 mètres jusqu’ici franchie à l’aide de cordes fixes et constituant le dernier obstacle technique avant le sommet, s’est bel et bien effondré lors du séisme meurtrier du 25 avril 2015 au Népal. Cette hypothèse circulait depuis mai 2016, provoquant maints débats dans le monde de l’alpinisme. Pour les uns, le mythique ressaut, baptisé ainsi en hommage à Sir Edmund Hillary, était caché en 2016 à cause d’un enneigement exceptionnel; pour les autres, il avait tout simplement disparu.

On semble y voir plus clair en cette saison 2017. L’alpiniste britannique Tim Mosedale, qui a atteint pour la 6e fois le sommet de l’Everest le 16 mai dernier, a confirmé vendredi la disparition du ressaut. Selon lui, cette modification proche du sommet pourrait rendre la montagne encore plus dangereuse qu’elle ne l’est déjà. «Certes, la disparition de la barre rocheuse facilite en ce moment l’ascension, a-t-il expliqué au site Planetmoutain et cité par les médias britanniques, mais on est désormais en présence de roches instables et la descente risque d’être plus périlleuse. Tout cela va créer de nouveaux goulets d’étranglement.»

Or l’engorgement d’alpinistes est devenu l’un des principaux risques sur les pentes désormais trop fréquentées de l’Everest, confirme Jean Troillet, le célèbre alpiniste valaisan de 69 ans, qui a atteint le Toit du Monde en 1986. «Le ressaut Hillary était déjà connu avant pour créer des goulets d’étranglement. Et attendre à 8790 mètres d’altitude, dans le froid, épuisant son oxygène, cela peut être une question vitale», affirme le Valaisan, qui compte dix 8000 à son actif. Lui avait gravi la face nord de l’Everest, et n’a donc pas connu ce fameux passage. D’une manière générale, dit-il en réagissant aux décès de ce week-end, grâce aux sherpas et aux bouteilles d’oxygène, on croit que l’Everest est devenu, à tort, une montagne comme une autre. Certains viennent y battre des records, comme cette ascension en 26h que vient de réaliser sans corde fixe et sans oxygène l'Espagnol Kilian Jornet. Mais tout le monde n'est pas un crack. «Des gens se lancent dans des expéditions sans préparation. Certains arrivent désormais au camp de base sans avoir jamais vu de crampons de leur vie! Imaginez que 700 personnes ont gravi l’Everest l’an dernier, on en espère 1000 cette année. A mon époque, nous étions seuls…»

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