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Ban Ki-moon veut aider l’Afghanistan après 2014

Le secrétaire général de l’ONU a réclamé à Tokyo le maintien du soutien financier à l’Afghanistan pour le stabiliser après le départ des forces de l’Otan. La communauté internationale a promis 16 milliards d’ici à 2015.

«Ne pas investir dans la gouvernance, la justice, les droits humains, l’emploi et le progrès social pourrait réduire à néant l’investissement et les sacrifices conduits depuis dix ans», a averti Ban Ki-Moon.
«Ne pas investir dans la gouvernance, la justice, les droits humains, l’emploi et le progrès social pourrait réduire à néant l’investissement et les sacrifices conduits depuis dix ans», a averti Ban Ki-Moon.
Reuters

Les représentants de plus de 80 nations se sont réunis à Tokyo pour une conférence internationale d’une journée, consacrée à l’aide civile qui sera accordée à l’Afghanistan en sus des soutiens sécuritaires dont le pays continuera à bénéficier.

"Ne pas investir dans la gouvernance, la justice, les droits de l’Homme, l’emploi et le progrès social pourrait réduire à néant l’investissement et les sacrifices conduits depuis dix ans", a averti Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Un montant total de 16 milliards de dollars d’ici à 2015, comprenant les engagements en cours et de nouvelles promesses, a été mis sur la table, en attendant d’autres engagements pour la décennie 2015-2024, présentée comme celle de la "transformation" du pays.

Retrait fin 2014

Les autorités afghanes sont soucieuses de s’assurer des aides financières civiles pour cette période cruciale qui suivra le retrait des soldats de l’Otan à la fin 2014, treize ans après le début de l’intervention internationale, sous égide américaine, qui avait chassé les talibans du pouvoir.

"L’Afghanistan continue d’être gravement menacé par le terrorisme et l’extrémisme", a prévenu le président afghan, Hamid Karzaï, en appelant la communauté internationale à ne pas relâcher ses efforts. Au moins 14 civils ont encore été tués dimanche dans l’explosion de deux bombes artisanales dans la province instable de Kandahar (sud).

Havre pour Oussama Ben Laden lorsque le pays était aux mains des talibans, l’Afghanistan a été propulsé au centre de l’attention par les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et sa stabilité continue de préoccuper, le régime de M. Karzaï étant confronté à des foyers d’insurrection.

4,1 milliards par année pour la sécurité

La communauté internationale a déjà promis de fournir au pays 4,1 milliards de dollars chaque année pour ses seules dépenses de sécurité, lors d’une précédente réunion à Chicago.

Mais la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a souligné que "la sécurité de l’Afghanistan ne se mesurera pas seulement à l’absence de conflit", mais également à sa capacité à créer des "emplois et des opportunités économiques".

M. Karzaï, qui espère un soutien civil de près de 4 milliards de dollars par an à partir de 2015, a demandé à ses interlocuteurs de l’aider à garantir les conditions "de créations d’emploi, de développement de l’Etat, d’investissement dans l’agriculture, l’énergie et les mines afin d’assurer une économie viable".

L’Afghanistan reste aujourd’hui très dépendant de l’aide internationale et, après 30 ans de conflits divers, les quelque 30 millions d’Afghans constituent l’une des populations les plus pauvres du monde, avec un Produit intérieur brut de 528 dollars par habitant en 2010-2011, d’après la Banque mondiale.

Lassitude

Après dix ans d’insurrection talibane, nombre de nations occidentales font cependant montre d’une certaine lassitude face à une administration afghane accusée d’être notoirement corrompue et de traîner les pieds sur le respect des droits élémentaires, ce qui a entraîné quelques remontrances à l’égard des autorités de Kaboul.

"Notre appui ne peut être un succès que si nous tenons nos engagements, les uns et les autres", a prévenu le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

"Côté afghan, ils s’engagent à une bonne gouvernance, à l’organisation d’élections équitables dans les délais impartis, à la mise en oeuvre des recommandations économiques internationales, à la lutte contre la corruption, (au respect) des droits de l’Homme et notamment du droit des femmes", a-t-il énuméré.

Plaidoyer pour les femmes

Hillary Clinton a lancé un vibrant plaidoyer pour les femmes d’Afghanistan, où les islamistes leur dénient le droit de faire des études et d’occuper un emploi.

"Les Etats-Unis sont convaincus qu’aucune nation ne peut parvenir à la paix, la stabilité et la croissance économique si la moitié de sa population n’a pas de droits", a souligné la secrétaire d’Etat, martelant que les Etats-Unis restaient "fermement aux côtés des femmes d’Afghanistan".

M. Karzaï a promis d’assurer une meilleure gouvernance d’ici la fin de son mandat, mais a averti que "la responsabilité de faire de l’Afghanistan un pays stable (appartenait) avant tout aux Afghans", signe de l’agacement perceptible à Kaboul vis-à-vis des leçons reçues de l’étranger.

(ats)

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