Le Bangladesh ferme les portes de l’un des quartiers des plus pollués du monde

EnvironnementLes tanneries d’Hazaribagh ne rejetteront plus des milliers de litres de déchets toxiques dans la principale rivière de Dacca.

Image: AP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans le quartier des tanneries de Hazaribagh, au cœur de la capitale du Bangladesh, l’espérance de vie des habitants ne dépasse pas 50 ans. La décision de la justice, jeudi, de fermer cet enfer sur terre – classé en 2013 comme le cinquième site le plus pollué de la planète par l’ONG américaine Blacksmith Institute – va peut-être changer la donne.

Les défenseurs de l’environnement se battaient depuis des années pour obtenir l’arrêt des usines de cuir du district. Jeudi, l’ultimatum de la Cour suprême bangladaise pour la cessation d’activité de ces fabriques a expiré suite à une décision prise le mois dernier. «La plupart des tanneries ont déjà cessé de tourner. Nous allons tout fermer complètement ce week-end», a déclaré Tipu Sultan, porte-parole de l’association des propriétaires d’usines, alors que les forces de l’ordre ont bloqué l’approvisionnement en peaux d’animaux.

Fondé à l’époque moghole, Hazaribagh concentre près de 90% des tanneries de cuir du pays. Réparties sur à peine 250 hectares, les 270 entreprises de ce district de Dacca rejettent chaque jour des milliers de litres de produits chimiques utilisés pour traiter les peaux – dont du chrome hexavalent, une toxine cancérigène – dans le principal cours d’eau de la mégapole. Des décennies de pollution ont transformé le Buriganga en une rivière noire et nauséabonde. Pourtant, de nombreux Bangladais continuent de puiser dans cet affluent, pour se laver, pour pêcher ou pour boire.

Selon les industriels, 30'000 personnes sont employées dans les activités de tannage de ce district. L’association des tanneurs a dénoncé une «manœuvre vicieuse» qui met en danger l’industrie du cuir dans le pays, deuxième plus importante de cette nation pauvre d’Asie du Sud après le textile.

«Nos vies dépendent du revenu que nous tirons de ces tanneries. Les propriétaires subiront des pertes temporaires, mais nous allons perdre nos deux repas par jour», a déploré le syndicaliste Mohammad Mamun. Les usines devraient être transférées dans un parc industriel à l’extérieur de Dacca, que les salariés du cuir décrivent comme n’étant pas encore en état de fonctionnement.

Pour rappel, c’est dans ce même district d’Hazaribagh qu’en avril 2013, l’immeuble du Rana Plaza, qui abritait plusieurs ateliers de confection travaillant pour diverses marques internationales de vêtements, s’était effondré, faisant plus de 1200 morts.

Créé: 06.04.2017, 21h20

Articles en relation

La Corée du Nord a-t-elle pillé la Banque centrale du Bangladesh?

Cybercriminalité En 2016, 81 millions de dollars s’envolaient d’un compte détenu auprès de la Réserve fédérale américaine. Les Etats-Unis soupçonnent Pyongyang. Plus...

Des réfugiés rohingyas expédiés en enfer

Sous-continent indien Face à l’afflux de réfugiés fuyant les violences en Birmanie, le Bangladesh envisage de les parquer sur une île marécageuse. Plus...

Entrée massive de Rohingyas au Bangladesh

Asie Désormais, 65'000 personnes de cette minorité musulmane se trouvent dans des camps répertoriés au sud du pays. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.