Christchurch, la mobilisation exemplaire d’une nation

TerrorismeLa gestion du massacre a été saluée. L’empathie et le leadership affichés par la Nouvelle-Zélande et son chef d’État forcent le respect

La gestion de la crise par Jacinda Ardern, entre empathie et détermination, a impressionné la communauté internationale.

La gestion de la crise par Jacinda Ardern, entre empathie et détermination, a impressionné la communauté internationale. Image: AFP

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Les rares tentatives de critique ont rapidement disparu des médias. L’image iconique de la première ministre Jacinda Ardern couverte d’un voile et serrant une femme musulmane dans ses bras, les yeux clos par la peine, s’est imposée, gravée désormais dans les mémoires. Son comportement sans faute et l’élan de solidarité d’une nation exprimés lors de la gestion du massacre sont admirés.

Rapidité et sang-froid

Cela commence peu après la tuerie, qui a débuté aux environs de 13 h 45. Vingt et une minutes après le premier appel à la police, le tueur est appréhendé par deux agents de province devenus aujourd’hui des héros. Ils suivaient une formation sur le thème de l’action à mener en présence de suspects armés, qui était dispensée dans un hôpital proche. Lorsqu’ils ont entendu la nouvelle de tirs dans la mosquée, ils se sont annoncés immédiatement en renfort. Anticipant le déplacement du tueur, ils ont contourné le centre-ville et sont tombés sur le véhicule qui louvoyait dans leur direction.

Seulement, les images tragiques sont déjà diffusées sur le web, difficilement contenues par Facebook, Twitter et d’autres plateformes. Des équipes dans le pays s’attellent aussitôt à les supprimer, tandis que la première ministre réclame des explications à Facebook.

Les équipes médicales de l’hôpital de Christchurch ont opéré jour et nuit les survivants, n’en perdant qu’un seul parmi les blessés qui y ont été conduits vivants. Cela est cité comme un exploit. Puis le travail des équipes chargées de l’identification des corps a suivi sans discontinuer pour rendre les dépouilles aux familles dans le délai le plus court possible, dans le respect de la tradition religieuse musulmane. Une opération délicate menée avec le souci de limiter la tension qui grandissait.

Deuil collectif

Le jour de l’hommage rendu aux victimes, le vendredi suivant, Jacinda Ardern est parvenue à transformer l’épreuve d’une communauté en deuil d’une nation entière: «Nous souffrons ensemble. Nous sommes un. Ils sont nous.»

Dans son discours, elle ajoute l’action à la compassion en décidant de ne pas nommer le tueur, en refusant de faire référence à son manifeste et en y substituant à la place le recueillement musulman retransmis sur les chaînes de télévision et de radio nationales.

Action et cohérence

Le jour du drame, la première ministre a tenu la première conférence de presse à 16 heures, à peine deux heures et demie après l’attaque. Dans la même journée, elle a annoncé l’interdiction des armes semi-automatique, des fusils d’assaut et des pièces détachées. Moins d’une semaine après, celle-ci est adoptée par le parlement avec effet immédiat. Les États-Unis sont abasourdis.

La justice prend des mesures. Le tueur est placé en isolement, sans possibilité de contact avec l’extérieur, avec l’objectif de ne pas le laisser promouvoir un discours néonazi. Un parcours sans faute.

Créé: 04.04.2019, 16h44

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