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Le conflit au Cachemire a débuté il y a plus de 70 ans

Le conflit trouve son origine dans la partition de l'Empire britannique des Indes qui donna naissance en 1947 à deux Etats: l'Inde majoritairement hindoue et le Pakistan musulman.

L'Inde a révoqué lundi l'autonomie constitutionnelle du Jammu-et-Cachemire (nord) et annoncé sa dislocation, une décision qui fait craindre un soulèvement de la population locale et aux possibles répercussions internationales. L'occasion de se rappeler comment le conflit au Cachemire a commencé.

Qu'est-ce que le Jammu-et-Cachemire?

L'État du Jammu-et-Cachemire est l'entité administrative de la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde, un tiers environ de cette région himalayenne étant contrôlé par le Pakistan. Les deux puissances nucléaires d'Asie du Sud revendiquent chacune le Cachemire, qui est divisé de fait entre elles et est source de vives tensions militaires et diplomatiques entre les deux pays depuis la partition de l'empire colonial britannique des Indes en 1947.

Avec 12,5 millions d'habitants lors du recensement de 2011, le Jammu-et-Cachemire est la seule région à majorité musulmane d'Inde. Il est composé de la vallée de Srinagar à dominante musulmane au nord, qui est le coeur de la région, du désert en haute altitude du Ladakh à l'est, à majorité bouddhiste et peu peuplé, ainsi que des plaines à prédominance hindoue de Jammu au sud.

Nombre d'habitants de la vallée de Srinagar sont hostiles à l'Inde, qu'ils perçoivent comme une force d'occupation en raison du lourd déploiement sécuritaire dans la région. Une insurrection séparatiste contre New Delhi y fait rage depuis 1989. L'Inde accuse le Pakistan de soutenir les rebelles, ce qu'Islamabad dément.

Quelle autonomie?

Historiquement, le statut spécial du Jammu-et-Cachemire, destiné à préserver les droits de ses habitants, est hérité des conditions posées par l'État princier du Cachemire pour se rallier à l'Inde tout juste créée en 1947.

L'article 370 de la Constitution indienne, aboli par décret présidentiel lundi, conférait une grande marge de manoeuvre au Jammu-et-Cachemire dans la gestion de ses affaires. Il n'autorisait le gouvernement central de New Delhi à légiférer qu'en matière de défense, affaires étrangères et communications dans la région, le reste relevant de l'assemblée législative locale. Cet article donnait également au Jammu-et-Cachemire une Constitution distincte et un drapeau.

Le Jammu-et-Cachemire va être scindé en deux entités: d'un côté le Jammu-et-Cachemire (vallée de Srinagar et Jammu), de l'autre le Ladakh. Ces entités seront des «territoires de l'Union» et non des États fédérés, ce qui fait qu'ils seront sous une tutelle plus directe de New Delhi.

Un autre article de la Constitution, le 35A, devient caduque de fait. Il empêchait notamment les personnes étrangères au Jammu-et-Cachemire d'y acheter des terrains ainsi que d'avoir accès aux emplois publics de la région.

Les Cachemiris musulmans craignent qu'avec la levée de ces restrictions, le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi ne souhaite altérer sur le long terme la démographie de leur région.

Quelles ramifications internationales?

Le Pakistan a condamné cette révocation d'autonomie et indiqué qu'il ferait «tout ce qui est en son pouvoir pour contrer les mesures illégales» liées au litige territorial entre les deux frères ennemis, qui se sont livré deux guerres au sujet du Cachemire au cours de leur histoire (1947-49 et 1965).

L'annonce du gouvernement de Narendra Modi pourrait compliquer la sortie d'Afghanistan des Américains, après 18 ans de guerre. Washington a besoin d'Islamabad comme intermédiaire dans les pourparlers avec les rebelles talibans. Si les États-Unis ne soutiennent pas les intérêts pakistanais au Cachemire suite à la décision indienne, Islamabad pourrait décider de faire capoter les négociations afghanes.

Le président américain Donald Trump s'est récemment proposé comme médiateur entre l'Inde et le Pakistan sur le contentieux du Cachemire, une offre rejetée par New Delhi qui considère que la question ne relève que du domaine bilatéral.

(AFP)

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