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Trêve à GazaLes Gazaouis retournent dans leurs quartiers dévastés

Quelques heures après l'entrée en vigueur samedi d'un cessez-le-feu de 12 heures entre Israël et le Hamas, les Palestiniens sont retournés dans leurs quartiers dévastés où s'amoncelaient d'énormes gravats.

(Archives) Un rapport officiel accuse Benjamin Netanyahu d'avoir mal préparé l'armée face aux tunnels du Hamas (mardi 28 février 2017)
(Archives) Un rapport officiel accuse Benjamin Netanyahu d'avoir mal préparé l'armée face aux tunnels du Hamas (mardi 28 février 2017)
AFP
Plus de 2000 Palestiniens sont morts durant la guerre dans la bande de Gaza (Lundi 18 août 2014)
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Reuters
Les recherches se poursuivent pour retrouver les jeunes disparus. (28 juin 2014)
Les recherches se poursuivent pour retrouver les jeunes disparus. (28 juin 2014)
Keystone
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Un homme s'évanouit devant les ruines de sa maison, la main d'un cadavre sort de gravats que certains fouillent en quête de maigres effets: durant la trêve de douze heures de samedi, les habitants de la bande de Gaza découvrent un spectacle de désolation.

Partout, de Khan Younès au sud à Chajaya et Beit Hanoun au nord, ils ont bravé l'interdit de l'armée israélienne qui leur avait demandé de ne pas retourner chez eux, pour se retrouver, effarés, dans le champ de ruines qu'est devenu leur quartier.

Retrouvez ici les dernières informations sur la situation à Gaza.

A Chajaya, banlieue à l'est de la ville de Gaza très durement frappée, un homme d'une soixantaine d'années s'effondre devant ce que fut sa maison. A ses côtés, une femme crie, les bras tendus vers le ciel.

Un homme a le visage couvert d'un masque médical. Durant la trêve, des corps continuent d'être découverts. Certains, couverts de poussière, jonchent les rues, parfois dans une mare de sang séché, non loin de cadavres d'animaux.

A Beit Hanoun, où des bombes s'abattaient encore dans les instants précédant la trêve qui a débuté à 08h00 (07h00 heure suisse), un avant-bras émerge des gravats. Non loin de là, le corps d'un secouriste gisant dans l'hôpital vient rappeler le prix payé par les civils dans le conflit entre Israël et le mouvement palestinien Hamas dans cette minuscule bande de terre surpeuplée.

Durant la journée, 147 corps ont été retirés de ces décombres, selon un bilan des secours qui porte à plus de 1000 le nombre de Palestiniens tués à Gaza depuis le début de l'offensive le 8 juillet. Pour Israël, c'est le Hamas qui porte la responsabilité de ces drames, en abritant armes, infrastructures et combattants derrière sa population utilisée comme «boucliers humains».

«Tomber sur une bombe»

Beaucoup fouillent les ruines et repartent avec quelques maigres effets, couvertures ou vêtements retrouvés dans les décombres. Une entreprise périlleuse, comme le relève Khader Soukar, habitant de Chajaya: «Nous avons peur de toutes ces bombes non explosées sur nos toits et des mines dans le sol. Nous avons peur d'ouvrir une porte et de tomber sur une bombe.»

«C'est comme un tremblement de terre d'une magnitude de 10 degrés. On n'a plus aucun repère dans cette zone. Un quartier où j'ai grandi depuis que j'ai cinq ans et que je n'ai pas réussi à trouver», se lamente devant les ruines Abou Mohammed, 37 ans, habitant de Beit Lahiya, au nord de la ville de Gaza.

«Regardez, il ne reste rien. Il n'y a rien», dit à Chajaya Khader Soukar, qui évoque également «un tremblement de terre ou une bombe nucléaire». «Je suis venu de Jabaliya parce que je veux voir ma maison. Nous ne sommes pas parvenus à l'atteindre jusqu'à présent», explique un habitant de Beit Lahiya, Farid al-Zawidy, 57 ans.

330 familles

L'entreprise de reconstruction s'annonce gigantesque. Selon des chiffres fournis par l'ONU jeudi, plus de 3300 familles, soit 20'000 personnes, ont vu leur logement entièrement détruit par les frappes israéliennes. Le même nombre de familles ne pourra pas rentrer rapidement, les dégâts étant trop importants chez elles.

Plus de 160'000 personnes ont dû fuir leur foyer pour des refuges de l'ONU, soit près de 10% de la population. A Kouza (sud-est), un réservoir calciné vient montrer que la pénurie chronique d'eau dont souffre le territoire empirera avec ce conflit. Selon l'ONU, 1,2 million de Gazaouis ont un accès nul ou très limité à l'eau potable.

La population sait qu'elle n'en a peut-être pas fini de ses épreuves. Sur la route entre Gaza et Khan Younès au sud, les gens se pressent d'acheter des vivres, du carburant, au milieu du ballet ininterrompu d'ambulances. Au-dessus de leur tête, à défaut des chasseurs israéliens, le bruit des drones vient leur rappeler la menace.

ats

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