Ghosn a quitté seul sa résidence à Tokyo

Japon-LibanSelon les images d'une caméra placée près de l'entrée de son domicile, Carlos Ghosn était seul quand il en est parti.

Le patron franco-libano-brésilien avait été arrêté en novembre 2018 au Japon puis inculpé pour diverses malversations financières présumées. (Photo d'archives)

Le patron franco-libano-brésilien avait été arrêté en novembre 2018 au Japon puis inculpé pour diverses malversations financières présumées. (Photo d'archives) Image: AFP

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La vidéosurveillance a révélé que Carlos Ghosn avait quitté seul dimanche dernier sa résidence à Tokyo, selon des sources proches de l'enquête citées vendredi par des médias japonais, alors que les détails de sa fuite au Liban demeurent très nébuleux.

Captées dimanche vers 12H00 (04H00 en Suisse), ce sont les dernières images de l'ancien patron de Renault et Nissan à avoir été saisies par une caméra placée près de l'entrée de son domicile pour surveiller ses entrées et sorties, selon la chaîne NHK.

La vidéo n'a pas révélé de présence suspecte à ses côtés à ce moment là. La police japonaise soupçonne qu'il aurait alors rejoint quelqu'un d'autre pour prendre l'avion, toujours selon la télévision nippone.

Carlos Ghosn a assuré jeudi avoir organisé «seul» son départ au Liban, sans toutefois livrer de détails sur cette fuite rocambolesque.

Imad Ajami, un ami libanais de M. Ghosn installé au Japon, a suggéré jeudi à l'agence japonaise Kyodo News qu'il avait pu s'enfuir en se cachant dans une caisse d'instrument de musique après un concert donné chez lui, aidé par deux agents de compagnies de sécurité privées se faisant passer pour des musiciens.

Cependant, une autre source de son entourage interrogée par l'AFP avait déjà démenti ce scénario auparavant.

La dissimulation de l'ex-grand patron dans une caisse d'instrument de musique «est une spéculation», a nuancé Imad Ajami vendredi auprès de l'AFP. «Je ne suis pas au courant de comment il (Carlos Ghosn) est parti» du Japon, a-t-il confessé, précisant n'avoir pas eu d'échanges directs avec lui depuis sa fuite.

Osaka-Istanbul-Beyrouth

Son trajet aérien semble en revanche plus certain. Il est soupçonné d'avoir d'abord embarqué dans un jet privé à l'aéroport international du Kansai, près d'Osaka (ouest du Japon) dimanche 29 décembre tard dans la soirée, à destination d'Istanbul.

Après une brève escale lundi aux aurores à l'aéroport Atatürk, utilisé par les avions cargo et pour des vols privés, Carlos Ghosn a pris un autre jet privé pour gagner Beyrouth peu après.

Son domicile à Tokyo a été perquisitionné jeudi par les enquêteurs japonais, tandis que sept personnes, dont quatre pilotes, ont été interpellées en Turquie dans le cadre d'une enquête ouverte sur place pour comprendre les circonstances de son transit par ce pays.

Le parquet général libanais a par ailleurs reçu jeudi une «notice rouge» d'Interpol. Ces avis de recherche internationaux sont lancés sur demande des pays membres. Il n'existe toutefois pas d'accord d'extradition entre le Liban et le Japon.

Aujourd'hui âgé de 65 ans, le patron franco-libano-brésilien avait été arrêté en novembre 2018 au Japon puis inculpé pour diverses malversations financières présumées. Après 130 jours sous les verrous, il avait été libéré sous caution fin avril, sous de strictes conditions et avec l'interdiction de quitter le pays dans l'attente de son procès.

Second passeport français

Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir employé un moyen illégal de sortie du territoire, soit sous une fausse identité ou en échappant aux contrôles. Ses trois passeports (français, libanais, brésilien) étaient conservés dans un coffre par ses avocats japonais, pour limiter les risques de fuite.

Cependant Carlos Ghosn détenait un second passeport français, dans un étui scellé et dont le code d'ouverture était seulement connu de ses avocats japonais, a précisé jeudi à l'AFP une source proche du dossier. La justice japonaise l'avait autorisé à posséder ce document, pour lui servir de visa de court séjour dans l'archipel. Il devait donc toujours l'avoir à portée de main pour ses déplacements dans le pays, selon cette même source.

Si ce second passeport français ne lui a pas servi à quitter le territoire japonais, il a pu théoriquement lui servir lors de son escale turque. Les autorités libanaises ont quant à elles indiqué que Carlos Ghosn était entré légalement dans le pays, muni de sa carte d'identité libanaise et d'un passeport français.

Carlos Ghosn doit tenir une conférence de presse la semaine prochaine à Beyrouth. (afp/nxp)

Créé: 03.01.2020, 06h35

«L'affaire Ghosn n'est pas une affaire française»

L'affaire Carlos Ghosn «n'est pas une affaire française» mais concerne Beyrouth et Tokyo, a estimé vendredi la secrétaire d'État française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin.

«Il n'y a pas d'affaire en France; ce n'est pas une affaire française; on est sur un sujet qui, aujourd'hui, concerne le Liban et le Japon», a-t-elle estimé au micro de la radio RTL. «S'il y a un sujet aujourd'hui légal, il est entre le Liban et le Japon».

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