Le Japon reconnaît un premier cas de cancer à Fukushima

NucléaireUn ouvrier ayant nettoyé la centrale voit le lien établi entre sa leucémie et les radiations. Tepco peut craindre de lourds dédommagements.

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C’est une première depuis l’accident de Fukushima. Le gouvernement japonais a annoncé mardi qu’un travailleur ayant participé au nettoyage de la centrale accidentée de Fukushima a développé une leucémie en lien avec les radiations auxquelles il a été exposé. Il avait été présent sur le site d’octobre 2012 à décembre 2013. Jusqu’ici, bien que plusieurs centaines de travailleurs ayant œuvré dans la centrale après l’accident de mars 2011 aient développé un cancer ou soient morts de cette maladie, le Ministère de la santé n’avait jamais établi un tel lien. Outre ce cas reconnu, trois autres sont à l’examen.

Tepco mal prise

Cette annonce a aussitôt fait plonger l’action de l’exploitant de la centrale, Tepco, à la Bourse de Tokyo. L’entreprise peut craindre que cette première reconnaissance n’en entraîne d’autres, et avec elles des millions de yens en dédommagements. «Ce sont les premiers signes de gros problèmes pour Tepco», relevait hier un analyste depuis Singapour.

Depuis mars 2011, pas moins de 45 000 ouvriers se sont relayés sur le site endommagé, d’abord pour reprendre le contrôle des installations et arroser les réacteurs, puis pour gérer l’eau contaminée et évacuer les déchets. Parmi eux, plusieurs milliers ont été exposés à des niveaux de radiation estimés aptes à déclencher des cancers.

Tepco s’est refusé à tout commentaire, sinon pour dire que l’homme dont le cancer a été reconnu ne travaillait pas pour Tepco, mais pour une entreprise mandatée pour le nettoyage du site. Cet ouvrier, aujourd’hui âgé de 41 ans, avait travaillé dans d’autres centrales auparavant. Au bout du calcul d’épicier qu’il a fallu établir pour déterminer si le malheureux avait droit à une compensation, le Ministère de la santé est arrivé à la conclusion qu’il avait été exposé à des radiations de 19,8 millisieverts au total sur les différents sites où il a œuvré, dont 15,7 à Fukushima, selon la chaîne japonaise NHK. Suffisant pour présumer, du bout des lèvres, de la responsabilité du site de Fukushima dans le déclenchement de son cancer.

Et la population civile?

«C’est une décision qui fera date du point de vue des droits des travailleurs», a commenté auprès de l’Agence France Presse Shinzo Kimura, de l’Université de médecine Dokkyo. Et il reste tout le volet de la population civile. Des examens réalisés sur plus de 300 000 enfants qui résidaient en 2011 dans la préfecture de Fukushima ont révélé plus de 100 cas de cancer de la thyroïde. Une bataille d’experts pourrait bien s’engager là aussi sur le lien de causalité entre l’accident et le développement de ces cancers.

Créé: 20.10.2015, 17h49

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