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Sports d'hiverJO 2022: Pékin lance son opération séduction

Pékin tente de rallier 300 millions de Chinois aux sports d'hiver afin de favoriser la candidature du pays aux jeux Olympiques de 2022.

Le gouvernement chinois a lancé un plan «300 millions de personnes aux sports d'hiver» visant à soutenir sa candidature.
Le gouvernement chinois a lancé un plan «300 millions de personnes aux sports d'hiver» visant à soutenir sa candidature.
AFP

Les autorités chinoises comptent rallier 300 millions de Chinois aux joies des sports d'hiver afin de renforcer les chances de Pékin d'accueillir les JO d'hiver en 2022, alors que la candidature est étudiée à partir de mardi 24 mars par une délégation du CIO.

Selon l'agence officielle Chine nouvelle, un «Plan 300 millions de personnes aux sports d'hiver» a été lancé par le gouvernement afin «de renforcer la connaissance du public sur les sports d'hiver et l'inciter à les pratiquer».

Ski et hockey en priorité

Le ski alpin et le hockey sur glace font partie des priorités, tout comme le développement des transports pour réduire la durée des trajets entre les différents sites olympiques, étalés sur plus de 200 km autour de Pékin.

Ainsi, un réseau de trains rapides est déjà en construction. Les autorités veulent également combattre la pollution et mettre en place des installations exceptionnelles pour les disciplines alpines.

Et c'est là où le bât blesse. Les montagnes de la région de Pékin, moins hautes que celles des Alpes ou des Rocheuses nord-américaines, proposent des pistes plus courtes et nettement moins enneigées.

Les jeunes Chinois découvrent le ski

De plus, il existe très peu de stations de ski, même si les jeunes Chinois commencent à découvrir ce sport à l'image de la jeune Gu Yutang, originaire de Yanqing, ville prévue pour accueillir les épreuves alpines.

«J'aime vraiment skier, parce que tous les jeunes aiment s'essayer aux nouveaux sports», témoigne l'adolescente de 10 ans, alors que ses camarades de classe jouent dans la neige derrière elle.

«Je ne savais pas comment skier avant mais j'ai appris à le faire au cours des derniers jours et je me suis bien amusée», ajoute-t-elle.

Autre difficulté pour les promoteurs de Pékin-2022: le manque d'engouement populaire. Selon le Quotidien du Peuple, seul 5% de la population de Pékin (21,15 millions en 2013) s'est laissée tenter par le ski alpin.

«Percée historique»

Pour encourager le hockey sur glace, le plan a alloué des subventions aux écoles pour louer des patinoires privées, selon le China Daily, qui précise qu'un nombre «record» de 96 équipes comprenant 1500 enfants ont été enregistrées dans la Ligue de Pékin.

De l'avis même du vice-ministre des Sports, Yang Shuan, juste avant les Jeux d'hiver de Sotchi l'an passé, son pays n'était qu'une nation de rang «secondaire» dans ces disciplines.

Avec trois titres olympiques à Sotchi (en patinage de vitesse et short-track), la Chine avait toutefois confirmé sa «percée historique» des Jeux-2010 de Vancouver (cinq titres).

Difficiles épreuves de bobsleigh

En bobsleigh en revanche, non seulement l'équipe nationale est à construire mais les infrastructures se révèlent quasiment inexistantes.

Si, par le passé, la Chine est devenue une puissance olympique mondiale en quelques décennies (athlétisme, natation), l'entreprise s'annonce plus problématique avec les sports de glisse, qui ne font pas partie de la culture locale.

Certes, les cas du skieur freestyle Han Xiaopeng, premier Chinois champion olympique d'hiver, et du prometteur snowboarder Zhang Yiwei, qui furent auparavant d'excellents gymnastes, pourraient servir de modèle aux autorités.

Entraîneurs étrangers

Mais la dépendance de la Chine aux entraîneurs étrangers est révélatrice du peu de place accordée au ski ou au bobsleigh en Chine.

«Nous envoyons tous nos athlètes s'entraîner à l'étranger: en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux Etats-Unis», reconnaît Ma Shi, directeur d'une école de ski à Zhangjiakou, à 200 km au nord de Pékin.

«Une fois que nous aurons introduit des méthodes d'entraînement modernes, importées de l'étranger, nous serons capables de nous améliorer et de rivaliser avec eux», nuance-t-il.

Une nouvelle mode

L'Italienne Martina Merlet, première entraîneure étrangère de ski alpin accréditée officiellement en Chine, reste dubitative.

«La plupart des skieurs chinois voient les sports d'hiver comme une nouvelle mode. Mais une fois qu'ils se retrouvent dans une station, leur curiosité se transforme rarement en passion ou en art de vivre», explique Merlet, qui a enseigné en Chine pendant six ans.

Pékin est en concurrence avec Almaty (Kazakhstan), après le retrait des candidatures européennes.

AFP

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