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«Le massacre des Rohingyas a été planifié par l’armée»

Un rapport de Human Rights Watch publié mardi accuse les militaires birmans de crimes contre l’humanité et exige des sanctions

Un officier de sécurité tente de maîtriser un groupe de réfugiés Rohingyas.
Un officier de sécurité tente de maîtriser un groupe de réfugiés Rohingyas.
Reuters

«Mes quatre enfants étaient avec moi. Je les tenais contre moi. Ils ont d’abord fracassé le bébé, puis ils ont tué les deux garçons à coups de bâtons puis avec des machettes… J’ai perdu connaissance et quand je me suis réveillée, la maison était en feu. Lorsque le feu a commencé à me brûler les jambes et le corps, j’ai repris conscience. J’ai traversé le mur, ma fille était déjà dehors. J’ai essayé de retourner chercher les enfants, mais ils étaient déjà en proie aux flammes, nous avons dû les laisser là.» Des témoignages, insoutenables, tels que celui de Mumtaz Begum, 30 ans, survivante Rohingya, Human Rights Watch (HRW) en a recueilli des dizaines. La conclusion de l’ONG est sans appel: «Les atrocités de l’armée birmane n’ont pas seulement été brutales, elles ont été systématiques. Les soldats ont tué et violé des centaines de Rohingyas avec une efficacité particulièrement cruelle, qui n’a pu qu’être planifiée à l’avance», assure Brad Adams, directeur de Human Rights Watch Asie.

À Tula Toli, le village birman où les investigations ont été menées, les survivants racontent comment l’armée les a piégés sur les berges d’un fleuve pour ensuite tuer et violer hommes, femmes et enfants, et incendier la petite localité. Des accusations que partageait dès lundi le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Celui-ci évoquait un «génocide» et affirmait que la Birmanie avait clairement «planifié» les attaques violentes visant la minorité musulmane. Niant toute responsabilité, l’armée a toutefois annoncé l’ouverture d’une enquête après la découverte d’une fosse commune. Insuffisant, pour HRW: «C’est l’ONU et les gouvernements étrangers qui doivent veiller à ce que les responsables de ces graves abus rendent compte de leurs actes. Une action internationale concertée est désormais nécessaire», soutient Brad Adams.

Les terribles violences ont poussé environ 655 000 Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin depuis août. Pourtant, mardi soir, les autorités birmanes et bengalies ont réaffirmé leur volonté de commencer leur rapatriement en Birmanie à partir du mois de janvier prochain, bien que les préoccupations quant à leur sécurité persistent. «Ce n’est qu’un exercice de relations publiques», commente Brad Adams. Comment, en effet, les Rohingyas pourraient-ils se sentir en sécurité dans un pays accusé d’épuration ethnique? «Nous ne retournerons pas dans notre pays tant que nos droits ne seront pas garantis, a confié à l’AFP Roushan Ali. Nous voulons la pleine citoyenneté et la restitution de nos terres et de nos biens. Nous réclamons justice pour les personnes qui ont été assassinées, torturées et violées.» Farid Omeir

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