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RussieLes Pussy Riot rejugées lundi

Le procès en appel des trois jeunes Russes du groupe rock Pussy Riot s'ouvre lundi à Moscou. Le jugement devrait être annoncé dans la journée.

(Archives) Des membres du groupe avaient notamment fait de la prison pour avoir chanté des hymnes anti-Poutine. (mercredi 1 mars 2017)
(Archives) Des membres du groupe avaient notamment fait de la prison pour avoir chanté des hymnes anti-Poutine. (mercredi 1 mars 2017)
Keystone
Nadejda Tolokonnikova a déclaré vouloir «chasser» le président Vladimir Poutine du pouvoir. (27 décembre 2013)
Nadejda Tolokonnikova a déclaré vouloir «chasser» le président Vladimir Poutine du pouvoir. (27 décembre 2013)
Reuters
Une manifestante devant le Consulat Général de la Fédération de Russie à Edimbourg.
Une manifestante devant le Consulat Général de la Fédération de Russie à Edimbourg.
Reuters
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Les Pussy Riot ont été condamnées en août à deux ans de camp pour "hooliganisme" pour leur "prière punk" anti-Poutine. Leur nouveau procès doit débuter lundi matin au Tribunal municipal de Moscou, ont annoncé les avocats de la défense qui ne se font pas d'illusions sur l'issue de l'appel.

"Nous n'avons pratiquement pas d'espoir que le jugement change", a déclaré l'avocate Violetta Volkova. "Le maximum sur lequel nous puissions compter est une réduction de six mois de la peine", a-t-elle ajouté. Elle a estimé que "seule une relaxe" pouvait constituer un "jugement légitime".

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, qui avait incarné pendant ses quatre années à la présidence (2008-2012) des espoirs de libéralisation, a jugé à mi-septembre la peine "sévère", tout en disant que l'affaire lui donnait "la nausée". "Medvedev joue un rôle négligeable en politique", a observé Mark Feïguine, un autre avocat de la défense, rappelant que les remarques de l'actuel Premier ministre russe n'avaient guère eu d'effet par le passé.

M. Poutine, qui avait aussi recommandé l'indulgence début août, a argué un mois plus tard que les trois jeunes femmes s'étaient livrées à un "sabbat" dans une église orthodoxe, et que l'Etat avait "l'obligation de protéger les sentiments des croyants".

Invitation à la repentance

Dimanche, l'Eglise orthodoxe russe a invité les membres des Pussy Riot à faire acte de repentance. Vladimir Legoïda, porte-parole de l'Eglise, a déclaré que la performance du groupe "ne devait pas rester impunie quelle que soit sa justification", mais que l'Eglise tiendrait compte d'"un quelconque acte de repentance" de leur part.

"L'Eglise souhaite très sincèrement le repentir pour tous ceux qui ont profané un lieu sacré, cela serait assurément d'un grand secours pour leurs âmes", a-t-il ajouté dans une déclaration officielle.

Réactions en chaîne

L'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi a appelé récemment à la libération des Pussy Riot, la veuve de John Lennon, Yoko Ono, leur a décerné son prix pour la paix intitulé "LennonOno", et le Parlement européen a décidé de présenter leur candidature pour le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit.

Dans une lettre ouverte écrite en prison et publiée jeudi, les trois jeunes femmes de Pussy Riot ont jugé leur cas emblématique du "non-droit absolu" qui règne selon elles en Russie, rendant hommage à leurs avocats qu'elles estiment dignes du Prix Nobel de la Paix.

Selon le journal russe Izvestia de vendredi, un député de la Douma russe (chambre basse) a adressé une requête au parquet, accusant l'avocate Violetta Volkova, qui défend aussi l'opposant Alexeï Navalny, d'avoir participé à diverses malversations.

La semaine dernière, des heurts avaient éclaté avec des militants orthodoxes à l'ouverture à Moscou d'une exposition d'art moderne comprenant notamment des icônes à l'effigie des membres du groupe contestataire. Un militant de Novossibirsk a en outre affirmé être poursuivi pour avoir vendu dans la rue des tee-shirts portant le dessin d'une icône portant la cagoule colorée des Pussy Riot.

Le Patriarcat fléchit

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été condamnées le 17 août à deux ans de camp chacune pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse". Elles avaient été arrêtées après avoir chanté en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur, près du Kremlin, leur "prière" demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.

L'affaire a divisé la société en Russie et suscité l'indignation à travers le monde, dans un contexte d'inquiétudes sur la reprise en main du pays par Vladimir Poutine après son retour au Kremlin.

Face au retentissement énorme de cette affaire, le Patriarcat russe, qui avait d'abord demandé la punition des jeunes femmes, a prôné la clémence juste après l'annonce du jugement.

ats/afp

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