Taïwan: une chanteuse gifle une ministre

CrimeCheng Hui-chung, à la retraite, risque la prison pour son geste dû à une querelle historique.

Mme Cheng, à son arrivée au Parquet.

Mme Cheng, à son arrivée au Parquet. Image: Twitter/Focus Taiwan

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Une chanteuse taïwanaise à la retraite risque la prison pour avoir giflé une ministre afin de protester contre les projets du gouvernement face à l'héritage controversé de l'ancien dirigeant nationaliste Tchang Kaï-chek, dictateur pour les uns, héros pour les autres. Cheng Hui-chung, 67 ans, a été entendue par le parquet après avoir frappé au visage la ministre de la Culture Cheng Li-chiun lors d'un événement public mardi.

Les «magistrats du parquet ont interrogé Mme Cheng pour savoir si elle avait fait obstruction à une personne dépositaire de l'autorité publique, ce qui constitue un motif d'inculpation», a déclaré jeudi une porte-parole du parquet du district de Taipei. Ce chef est passible de trois ans de prison.

Les nationalistes du Kuomintang (KMT) avaient fui en 1949 la Chine continentale après leur défaite face aux troupes communistes de Mao Tsé Toung. Certains admirent le chef nationaliste pour avoir combattu les communistes mais d'autres le voient comme un despote en raison de son rôle au cours de la période dite de la «Terreur blanche». Des milliers d'opposants ont été tués ou torturés.

Querelle sur le mémorial

Mme Cheng, chanteuse dans les années 1960 et 1970, est vent debout contre l'idée d'effacer l'héritage du généralissime alors que le gouvernement tente de confronter le passé. De nombreuses voix réclament le démantèlement de statues et autre iconographie associée à l'ancien homme de fer de Taïwan.

La querelle fait rage sur le mémorial Tchang Kaï-chek en plein coeur de Taipei. Ceux qui dénoncent sa mémoire, dont de nombreux proches de victimes, veulent que le bâtiment soit rasé ou que toute trace du généralissime soit effacée. Le gouvernement a mis en place une commission d'enquête.

Mme Cheng a présenté ses excuses pour avoir giflé la ministre mais ne renonce pas à ses convictions. «Mes excuses ne signifient pas que la ministre a agit correctement. Je l'appelle à ne pas démolir le mémorial Tchang Kaï-chek», a-t-elle dit à la presse.

La présidente Tsai Ing-wen, arrivée au pouvoir en 2016 après une défaite électorale cinglante du KMT, a appelé au calme. Sa ministre de la Culture a, elle, dénoncé «la violence» que «rien ne peut justifier».

En 2017, le Parlement a adopté une loi pour tourner la page du passé autoritaire de l'île, prévoyant notamment que des statues soient déboulonnées et des rues et écoles débaptisées. Le gouvernement avait aussi annoncé que le mémorial à la mémoire de Tchang Kaï-chek se verrait interdire la vente de souvenirs le dépeignant. (afp/nxp)

Créé: 24.01.2019, 11h43

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