Assad affirme que l'Occident paiera cher son soutien à Al-Qaïda

SyrieLe président syrien Bachar al-Assad a affirmé mercredi que les Occidentaux paieraient les conséquences de leur soutien apporté, selon lui, aux combattants d'Al Qaïda engagés dans la guerre civile en Syrie.

Bachar al-Assad: «Nous n'avons pas d'autres options que la victoire, car si nous ne sommes pas victorieux, ce sera la fin de la Syrie et je ne pense pas qu'un seul citoyen syrien accepte cette option.»

Bachar al-Assad: «Nous n'avons pas d'autres options que la victoire, car si nous ne sommes pas victorieux, ce sera la fin de la Syrie et je ne pense pas qu'un seul citoyen syrien accepte cette option.» Image: ARCHIVES/AFP

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La Russie a de son côté qualifié de «négatif» le rôle des Amis de la Syrie dans le conflit.

Selon des extraits d'un entretien télévisé publiés par la présidence, Bachar al-Assad a affirmé qu'une défaite de son régime face aux rebelles signifierait la fin de la Syrie, ce qu'aucun citoyen syrien ne pouvait accepter, estime-t-il.

«L'Occident a déjà payé très cher le fait d'avoir financé à ses débuts Al-Qaïda. Aujourd'hui, il fait la même chose en Syrie, en Libye et dans d'autres endroits et il paiera cher au coeur de l'Europe et des Etats-Unis», a prévenu le président syrien dans cette interview à la chaîne officielle Al-Ikhbariya, dont l'intégralité devait être diffusée dans la soirée.

Il faisait allusion à l'aide accordée par Washington dans les années 1980 en Afghanistan aux moujahidines luttant contre l'occupation soviétique. Des combattants qui se sont ensuite retournés contre les Etats-Unis.

Le Front al-Nosra, composé de jihadistes syriens et étrangers, a annoncé il y a une semaine avoir prêté allégeance au chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. Ce dernier avait appelé quatre jours plus tôt les rebelles à lutter pour l'instauration d'un «Etat islamique jihadiste».

Fin de la Syrie

Dans ce contexte, «nous n'avons pas d'autres options que la victoire, car si nous ne sommes pas victorieux, ce sera la fin de la Syrie et je ne pense pas qu'un seul citoyen syrien accepte cette option», a déclaré Bachar al-Assad.

Le président syrien a ensuite lié son départ à une «décision du peuple», laissant ainsi entendre qu'il pourrait se présenter à la prochaine élection présidentielle prévue en 2014. «Le poste (de président) n'a pas de valeur sans le soutien du peuple. Que le président reste ou parte relève de la décision du peuple», a-t-il assuré.

Le président syrien s'en est aussi pris à la Jordanie: «Je ne peux pas croire que des centaines (de rebelles) entrent avec leurs armes en Syrie, alors que la Jordanie est capable d'arrêter une seule personne portant une arme légère pour aller résister (contre Israël) en Palestine».

Les rebelles se sont récemment emparés d'une bande de 25 km dans le sud de la Syrie, à la lisière de la Jordanie. Damas a accusé son voisin d'entraîner des combattants et de les laisser entrer en Syrie.

A l'occasion du jour de l'Indépendance, qui commémore la fin du mandat français en 1946, la télévision officielle syrienne a diffusé mercredi des images de l'époque, en faisant un parallèle entre les «héros de l'Indépendance» et l'armée syrienne d'aujourd'hui.

Rôle «négatif»

Parallèlement, selon des sources diplomatiques mercredi, l'Union européenne envisage de lever partiellement son embargo pétrolier, imposé en novembre 2011, afin d'aider financièrement les rebelles. Ils contrôlent désormais une partie des champs pétrolifères dans l'est et le nord du pays.

En revanche, la Russie, alliée indéfectible de Damas, a qualifié de «négatif» le rôle joué par le groupe des Amis de la Syrie, à trois jours d'une nouvelle réunion de ce groupe à Istanbul.

«Pour l'instant, nous considérons que ce processus contribue d'une façon négative aux accords de Genève» portant sur les principes d'une transition en Syrie, a dit à la presse le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Médiateur en suspens

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est montré évasif mercredi sur l'avenir du médiateur international en Syrie Lakhdar Brahimi, qu'il devait rencontrer dans l'après-midi. La médiation de Lakhdar Brahimi ne semble faire aucun progrès, alimentant des rumeurs sur une possible démission.

Sur le terrain, au moins 12 personnes, dont deux enfants, ont été tuées par des tirs de l'armée à Boueida, dans la province de Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des combats faisaient rage dans cette région, où le régime «s'appuie sur des combattants loyaux au (mouvement chiite libanais) Hezbollah et des forces de défense (supplétifs de l'armée syrienne, ndlr) pour chasser les rebelles des zones rurales», selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

(ats/afp/nxp)

Créé: 17.04.2013, 21h26

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