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Attentat de Bombay: un des cerveaux condamné

Un des responsables présumés des attentats de Bombay qui avaient tué 160 personnes en 2008 a été condamné à cinq ans de prison ce mercredi.

Hafiz Saeed, chef du mouvement Jamaat-ud-Dawa (JuD), à la sortie d'un tribunal en 2017.
Hafiz Saeed, chef du mouvement Jamaat-ud-Dawa (JuD), à la sortie d'un tribunal en 2017.
archive, Keystone

L'un des responsables présumés des attentats de Bombay en 2008, Hafiz Saeed, a été condamné mercredi à cinq ans et demi de prison, a indiqué son avocat à l'AFP, sa première condamnation après ces attaques qui avaient fait plus de 160 morts.

Saeed, désigné «terroriste international» par les États-Unis, a été reconnu coupable de «faire partie d'une organisation terroriste interdite» et de «détention de biens illégaux», a déclaré Me Imran Gill. Le jugement, lu par l'AFP, ne précise pas à quel groupe terroriste il se réfère pas plus qu'il ne clarifie ce qu'il entend par «propriété illégale», qui peut faire référence à de l'argent ou à d'autres biens.

Hafiz Saeed avait déjà passé des années sous différentes formes de détention, parfois en résidence surveillée, parfois brièvement arrêté puis relâché par les autorités, sans avoir jusqu'ici jamais été condamné par la justice pakistanaise. Arrêté une nouvelle fois en juillet 2019, il demeurera incarcéré dans une prison de Lahore, a déclaré son avocat.

«Il n'y a vraiment rien dans cette affaire», a ajouté Me Gill, «c'est juste dû aux pressions du Gafi», le Groupe d'action financière international. Cet organisme intergouvernemental, luttant contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, doit prochainement décider d'un éventuel placement sur liste noire du Pakistan, une décision à l'impact économique lourd.

Sur liste grise

Hafeez Saeed dirige le Jamaat-ud-Dawa (JuD), un groupe islamiste classé comme organisation terroriste par l'ONU, qui est considéré par New Delhi comme une vitrine du Lashkar-e-Taiba (LeT), l'entité accusée d'être derrière les attentats de Bombay. L'Inde a toujours affirmé qu'il existe des preuves de l'implication des «agences» de renseignement pakistanais dans l'attentat de Bombay.

Le JuD n'a pu être joint par l'AFP pour commentaire. Les chaînes de télévision pakistanaises sont restées muettes sur cette décision de justice. Le Gafi doit trancher sur le sort du Pakistan, qui figure déjà sur sa liste grise - moins contraignante - de pays considérés comme finançant le terrorisme. Ses membres doivent se réunir la semaine prochaine à Paris.

En février 2019, les autorités pakistanaises avaient interdit le JuD et la fondation Falah-e-Insaniat (FIF), également considérée comme une émanation du LeT, alors qu'une réunion du Gafi se tenait dans la capitale française. Les États-Unis offrent depuis 2012 une récompense de 10 millions de dollars pour toute information pouvant conduire à l'arrestation ou à la traduction en justice d'Hafiz Saeed.

166 morts en 2008

Les attentats de Bombay, perpétrés devant les caméras de télévision du monde entier, ont fait 166 morts en 2008 dont plusieurs Américains. Pendant trois jours, des commandos indiens avaient combattu pour reprendre aux assaillants le contrôle de différents points de la ville.

«La condamnation de Hafiz Saeed et de ses complices est une avancée importante pour rendre le LeT responsable de ses crimes et pour que le Pakistan respecte ses engagements envers la communauté internationale dans la lutte contre le financement du terrorisme», a réagi sur Twitter la chef de la diplomatie américaine pour l'Asie du Sud, Alice Wells. La dernière arrestation en juillet d'Hafiz Saeed avait valu d'intenses railleries sur les réseaux sociaux au président américain Donald Trump, qui sur Twitter avait salué son interpellation «après dix ans de recherche».

La Commission des affaires étrangères des États-Unis avait notamment moqué le président, citant les huit arrestations - et libérations - de Saeed depuis 2001. «Attendons qu'il soit reconnu coupable pour applaudir», avait-elle tweeté. La condamnation d'Hafiz Saeed intervient quelques jours après l'évasion de l'ancien porte-parole des talibans pakistanais, Ehsanullah Ehsan, deux ans après qu'il s'était rendu aux autorités. Celui-ci a dans un message audio affirmé qu'il se trouvait en Turquie.

(AFP)

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