L'attentat de Nice accroît les tensions politiques

Présidentielle française 2017Les dirigeants politiques de droite et de gauche s'écharpent par médias interposés depuis l'attaque sanglante de Nice.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Trois jours après l'attentat de Nice, les tensions politiques sont plus exacerbées que jamais, avec une opposition à l'offensive et un exécutif mettant en garde contre une «trumpisation» des esprits, à neuf mois de la présidentielle.

Alors que nombre d'élus de droite ont critiqué l'exécutif depuis l'attaque du 14 juillet qui a fait 84 morts, l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, jusqu'ici mesuré, a haussé le ton dimanche 17 juillet au soir en estimant que «tout ce qui aurait dû être fait depuis dix-huit mois ne l'a pas été».

«Je sais parfaitement que le risque zéro n'existe pas», a affirmé sur TF1 le président des Républicains, mais «nous sommes en guerre, une guerre totale. Nos ennemis n'ont pas de tabous, pas de frontières, pas de principes. Donc, je vais employer des mots forts: ça sera eux ou nous», a-t-il lancé, ajoutant qu'une «autre politique est possible».

Valls et Cazeneuve répliquent

Dans un communiqué commun publié dans la soirée, le Premier ministre Manuel Valls et son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve ont répliqué à ces critiques en assurant qu'«aucun gouvernement n'a fait autant jusqu'à présent pour lutter contre le terrorisme».

A droite, beaucoup étaient déjà montés au créneau après cette troisième attaque meurtrière massive en 18 mois. Le rival de Nicolas Sarkozy à la primaire de novembre, Alain Juppé, a notamment jugé que «si tous les moyens avaient été pris», l'attentat «n'aurait pas eu lieu», François Fillon estimant que «quand on est en guerre, on protège le territoire national».

Quant à Marine Le Pen (FN), elle a renvoyé dos à dos gauche et droite, responsables de «carences gravissimes de l'Etat» qui auraient permis ce type d'attentats.

«Esprit du 14 juillet» es-tu là ?

Face à cette absence manifeste d'unité nationale, qui avait prévalu - au moins quelques jours - après les attentats de janvier et novembre 2015, Manuel Valls a tenté de sceller un «esprit du 14 juillet», jugeant qu'«une campagne présidentielle ne mérite pas qu'on divise le pays».

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le Premier ministre s'en est pris à l'opposition et à «certains politiques irresponsables (qui) disent que cet attentat était évitable», mettant en garde contre «la tentation de remettre en cause l'État de droit».

«La réponse à l'État islamique ne peut pas être la "trumpisation" des esprits», a-t-il dit, en référence à Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle américaine et coutumier des propos provocateurs.

Toujours laminé par les sondages, et alors qu'un rebond post-attentat est incertain, François Hollande avait lui aussi prévenu dès vendredi qu'il n'entendait pas s'«abaisser» aux «outrances» et aux «excès».

Semaine chargée

Avec des airs de déjà vu, la semaine politique sur fond de deuil national s'annonce très chargée. Dès lundi matin se tiendra un nouveau conseil restreint de sécurité et défense à l'Elysée, avant une minute de silence dans tout le pays à 12H00 et une rencontre à Matignon avec les responsables du Parlement dans la soirée pour évoquer notamment la prolongation de l'état d'urgence.

L'Assemblée pourrait se prononcer dès mardi soir et le Sénat mercredi, selon des sources parlementaires, sur le renouvellement pour trois mois de ce régime d'exception, décrété par le chef de l'Etat le 13 novembre, et prolongé à trois reprises depuis.

Si Gérard Larcher (LR), président du Sénat à majorité de droite, s'est dit favorable à cette prolongation, il estime dans le JDD que «les Français attendent plus» de l'exécutif.

Entre espoir et amertume

Le député PS Patrick Mennucci se veut toutefois optimiste. Il pense que cette semaine à l'Assemblée «il va y avoir une prise de conscience que ça ne sert pas à grand-chose de rentrer dans une mise en cause systématique du gouvernement», déclarant à l'AFP qu'il y aurait d'ailleurs «beaucoup d'indécence à le faire».

Mais l'ex-ministre socialiste Michèle Delaunay fait de son côté un constat amer sur son blog: «le terrorisme est comme la peste, il révèle la vraie nature des hommes. Il y a les grands, qui se taisent, et les petits, qui polémiquent, critiquent, jugent, condamnent».

Le PCF craint pour sa part un «basculement fatal» de la société, avec «des institutions à bout de souffle, une démocratie sociale et parlementaire piétinées, un horizon désastreux pour 2017».

(afp/nxp)

Créé: 18.07.2016, 03h39

Articles en relation

La piste d'un acte prémédité se précise

Attentat de Nice Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme se serait rendu sur la Promenade des Anglais les 12 et 13 juillet pour faire des repérages au volant de son camion. Plus...

Nouvelle interpellation, sept personnes en garde à vue

Attentat de Nice La police s'intéresse à un couple d'Albanais, dont l'homme est désigné par un témoignage comme ayant fourni un pistolet automatique. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.