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Procès en destitutionLes avocats de Trump s'attaquent aux Biden

La défense du président menacé de destitution a tenté de prouver lundi que les inquiétudes au sujet de Joe Biden et son fils étaient fondées.

Le Congrès américain à Washington.
Le Congrès américain à Washington.
AFP

Les avocats de Donald Trump se sont lancés lundi dans une attaque en règle contre son rival Joe Biden dans un effort pour vider l'accusation contre le président américain de toute légitimité, à la reprise de son procès en destitution devant le Sénat.

Le milliardaire républicain fait l'objet de cette procédure historique parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle du 3 novembre, et sur les affaires de son fils Hunter dans ce pays gangrené par la corruption.

Forts de leur majorité à la Chambre des représentants, les démocrates l'ont mis en accusation pour «abus de pouvoir» et «entrave au travail du Congrès» le 18 décembre sans aucune voix républicaine. Ils estiment que le président a essayé de «salir» son adversaire potentiel pour faciliter sa réélection et qu'il a utilisé les moyens de l'État, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour Kiev, afin de parvenir à ses fins.

Lundi, les avocats de Donald Trump ont tenté de démontrer que leur client était dans son bon droit quand il s'est inquiété d'une possible «corruption» des Biden en Ukraine. L'ancienne procureure de Floride Pam Bondi a relevé qu'Hunter Biden avait gagné «des millions» de dollars en siégeant au conseil d'administration d'un groupe gazier ukrainien, Burisma, au moment où son père, alors vice-président de Barack Obama, était chargé de la politique américaine dans ce pays.

Si son nom n'avait pas été Biden, «croyez-vous qu'il aurait été sollicité pour siéger chez Burisma ?», a-t-elle lancé aux cent sénateurs chargés de juger le président. «Probablement pas», a assené cette fervente supportrice de Donald Trump, en rappelant que plusieurs personnes s'étaient émues d'un «apparent conflit d'intérêt».

«Dénigrer les Biden»

Lors d'une interruption de séance, l'élu démocrate Adam Schiff, qui assure le rôle de procureur en chef lors de ce procès, a reproché aux avocats du président d'avoir «passé près de deux heures à dénigrer les Biden». Mais, a-t-il poursuivi, ils n'ont pas expliqué «pourquoi le président a exprimé un intérêt pour Hunter Biden uniquement quand Joe Biden s'est porté candidat à la présidence».

Dans sa plaidoirie, la défense de Donald Trump a repris d'autres arguments avancés depuis l'explosion du scandale, jugeant notamment que la procédure en destitution était une «arme thermonucléaire» trop dangereuse pour s'appliquer en l'absence de «crime» au sens pénal du terme.

En revanche, elle s'est faite plus discrète sur un autre argument-phare du président: l'absence de «pression» sur Kiev ou de «donnant-donnant», fragilisée par les révélations explosives d'un ancien conseiller de la Maison Blanche.

John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale, affirme dans un livre à paraître prochainement que Donald Trump lui a confié en août ne pas vouloir débloquer pas l'aide militaire destinée à l'Ukraine sans enquête sur les Biden. «Je n'ai JAMAIS dit» ça à John Bolton, a immédiatement démenti le locataire de la Maison Blanche, en accusant son ancien conseiller, limogé en septembre, de vouloir «vendre son livre».

«Curieuse»

Malgré ces dénégations, l'article du «New York Times» a semblé faire bouger les lignes au sein de la majorité républicaine au Sénat, dont les 53 élus (sur 100) ont jusqu'ici toujours refusé de convoquer John Bolton ou d'autres conseillers du président comme le réclament les procureurs démocrates.

«Je crois de plus en plus possible que d'autres républicains se joignent à ceux d'entre nous qui pensent que l'on devrait entendre John Bolton», a déclaré le sénateur républicain Mitt Romney. «Les articles sur le livre de John Bolton (...) ont suscité de nombreuses conversations parmi mes collègues», a renchéri la sénatrice républicaine modérée Susan Collins. Sa collègue Lisa Murkowski s'est dite «curieuse d'entendre» ce qu'il avait à dire.

Un vote sur la question des témoins devrait intervenir en fin de semaine, une fois que la défense aura bouclé sa plaidoirie et que les sénateurs auront posé, par écrit, leurs questions aux deux parties. Il suffira que quatre républicains s'allient aux démocrates pour que John Bolton soit convoqué. L'ancien conseiller a fait savoir qu'il accepterait de répondre à une assignation à comparaître. Même si les démocrates remportent cette bataille, in fine, ils semblent voués à perdre le procès.

La Constitution fixe en effet une majorité des deux tiers pour destituer un président. Pour y parvenir, il faudrait que 20 républicains fassent défection, ce qui paraît totalement improbable.

AFP

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